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La petite bibliothèque Payot recèle une foule de titres particulièrement alléchants. Celui-ci ne saurait laisser insensible les voyageurs amoureux de l’Italie.

Connue aujourd’hui pour ses romans, Edith Wharton eut la malchance d’épouser, contrainte et forcée, un homme qui réprouvait ses ambitions littéraires. Ce mari, néanmoins, aimait voyager, en particulier en Europe. Ainsi la jeune femme eut, à plusieurs occasion, le bonheur de séjourner en Italie. De chaque voyage, elle rapporte des impressions, des notes, d’où naissent ces Paysages italiens.

Le texte s’ouvre sur une envie d’Italie. Passant quelques jours dans les Alpes suisses, Edith Wharton assiste chaque jour au départ d’une diligence qui se rend en Italie. Malgré la chaleur étouffante de l’été, elle succombe à la tentation et embarque à son tour. Le récit se construit dès lors comme une exploration du territoire transalpin. Les campagnes piémontaises sont d’abord mises à l’honneur. L’auteur décrit des paysages ruraux aussi sauvages qu’éblouissants. Elle raconte comment, en dépit des embûches, elle découvre les trésors que cachent des églises reculées. Les sculptures, et plus particulièrement les statues de terre cuite qui ornent les chapelles de San Vivaldo, ont toute son attention. Elle dépeint avec finesse et poésie la région des lacs italiens. Puis viennent les villes, leurs monuments, leurs musées et le quotidien de leurs rues. Sous la plume d’Edith Wharton, Milan, Florence, Rome et Venise paraissent sous un jour nouveau.

La grande qualité de l’ouvrage est sa capacité non seulement à susciter l’envie de découvrir l’Italie chez celui qui ne l’a jamais vue mais aussi à réveiller les souvenirs de celui qui a eu le bonheur de s’y rendre. La plume délicate et précise sert merveilleusement un texte où les références littéraires et picturales aussi bien que les considérations matérielles du voyage trouvent naturellement leur place.

Cette plaisante lecture m’a donné envie de m’aventurer dans les romans d’Edith Wharton, auxquels je n’avais jusqu’à lors guère prêté attention. Elle me permet par ailleurs de commencer à honorer le challenge Il viaggio.

Paysages italiens, Edith Wharton, 1905.

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