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Son premier meurtre passe inaperçu. On n’a pas idée, aussi, de choisir le jour où le Président Kennedy est assassiné. Pourtant, Al Brenner est un adolescent intelligent : on lui a dit qu’il avait un QI supérieur à celui d’Einstein. Cela ne lui épargne pas un séjour dans un institut psychiatrique, dont il ressort libre, et rapidement blanchi. Il rêve d’avenir, de construire une carrière. Mais c’était sans compter sur un accident de moto, qui le renvoie dans les jupes de sa mère, et à ses activités peu recommandables.

Écrire le récit  à la première personne est un choix surprenant, mais pertinent. Il rend le personnage d’Al Brenner plus touchant, presque sympathique par moment, au point qu’on est parfois à deux doigts de le plaindre. C’est d’autant plus étonnant que l’histoire racontée par Marc Dugain s’inspire très largement de celle d’Edmund Kemper, un véritable tueur en série américain. Le dilemme constant qui déchire le personnage principal, son manque d’empathie souvent, son franc parler, et sa candeur à certaines occasions le rendent humain. Il est impossible d’oublier les crimes commis. Cependant le point de vue proposé au lecteur oblige à éviter de juger, à chercher à comprendre l’impensable.

Un thriller, qui tient ses promesses.

Avenue des géants, Marc Dugain, 2012.