La variante chilienne

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Aux premiers jours des vacances, Pascal et Margaux, une de ses élèves, prennent leurs quartiers d’été dans un hameau retiré. Ils viennent y chercher calme – pour lire et travailler – et discrétion – Margaux ayant un peu malmené un butor malintentionné. Seul un voisin est susceptible de contrarier leurs plans. Mais Florin se révèle aussi discret que de bonne compagnie. C’est que ce fumeur de pipe a une bien étrange manière de conserver ses souvenirs. Il lui faut, pour raconter les mille et une aventures de sa vie bien remplie, tâter les cailloux qui lui servent de pense-bêtes. Et ses histoires sont un prétexte suffisant pour réunir, chaque soir, cet improbable trio.

De ce second roman de Pierre Raufast, moult critiques louangeuses ont été écrites, notamment par mes camarades blogueuses. Difficile de passer ensuite : tout a été dit, ou presque. Car ce roman, comme le précédent, est un délice. On y retrouve un foisonnement d’histoires, qui, cette fois, ne s’imbriquent pas les unes dans les autres, mais se succèdent au fil des séances de remémoration de Florin. Les personnages comme les situations sont hautement pittoresques, et révèlent la richesse de l’imagination de Pierre Raufast. On sourit, voire rit, beaucoup (pauvres vers luisants…). Toutefois certains souvenirs sont émouvants, si ce n’est carrément tristes : les trois personnages, même la toute jeune Margaux, ont vécu des moments douloureux, où la mort s’est invitée plus qu’à son tour. Le ton reste néanmoins léger et l’optimisme domine.

Les récits de Pierre Raufast sont de véritables remèdes contre la morosité, qui mériteraient un remboursement de la Sécu. Et dire qu’il m’en reste un à déguster ! Cette seule perspective met du baume au cœur en cette morne journée de rentrée.

La variante chilienne, Pierre Raufast, 2015.

 

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deux Vuillard sinon rien

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Se jeter sur les prix littéraires de l’année ne fait guère partie des habitudes de ce salon. Je n’ai donc ni acheté ni lu L’ordre du jour. Mais quand un collègue m’a proposé de me prêter deux des livres précédents de l’auteur, il eut été malpoli de refuser.

C’est avec Congo qu’a débuté la découverte d’Eric Vuillard, dont le nom et les ouvrages ne m’étaient cependant pas inconnus. Au cœur de la Belle Époque, les puissances européennes décident, après s’être longtemps affrontées, de s’accorder, comme l’avaient fait jadis Espagnols et Portugais, sur un partage des terres destinées à agrandir leurs empires coloniaux. L’Afrique, dont seuls les littoraux sont vaguement connus, est cette fois l’enjeu principal des tractations. Et un territoire en particulier retient l’attention de l’auteur, à savoir un territoire de forêts, où s’enfonce un fleuve impressionnant, le Congo. C’est une lubie du roi des Belges que cette colonie construite de bric et de broc, grâce aux interventions peu scrupuleuses d’hommes de main et de soi-disant scientifiques, qu’Eric Vuillard étrille consciencieusement.

Après le silence et la solitude de la forêt équatoriale, ce fut une plongée dans les rangs des révolutionnaires parisiens. Du pillage de la maison Réveillon à la chute de la Bastille, les convulsions d’un peuple qui se sent aussi affamé que trahi sont décrits avec une précision enivrante. A la place de l’anonymat d’une foule insurgée, c’est un ensemble d’individus, des hommes et des femmes, qui agit pour mettre à bas le symbole de la monarchie absolue – et, surtout, pour faire main basse sur la poudre stockée dans la forteresse.  Alors la journée du 14 juillet 1789 prend, pour le lecteur, une place renouvelée dans la chronologie révolutionnaire.

Ce qui ne pouvait manquer de me séduire dans ces récits est, très logiquement, leur intérêt pour l’histoire, qu’il s’agisse de ses événements les plus connus ou ses détails les plus obscurs. On peut sans conteste reconnaître à Eric Vuillard la capacité de s’approprier des faits historiques pour alimenter ses œuvres romanesques, et ce sans vraiment recourir à la fiction. Un point de vue différent et un ton qui oscille entre indignation et admiration sont le sel de ces textes. L’érudition s’installe à chaque page, sans occuper toute la place. L’humain prend le pas sur la froideur des faits. On se laisse vite embarquer, et ces récits, assez courts au regard des productions du moment, se lisent en deux coups de cuillère à pot. Il faut bien dire que le style de l’auteur pousse toujours plus avant le lecteur, un peu comme les vagues qui déferlent et bousculent les nageurs. Des phrases courtes, des juxtapositions, des énumérations sont les signes particuliers d’un style qui ne laisse pas beaucoup le temps de reprendre son souffle. Mais c’est à la fois un des points forts de l’auteur et une limite, car ce procédé finit par lasser un tantinet au terme de deux lectures.

Si l’occasion se présente de lire L’ordre du jour, sans doute ne me ferais-je pas prier. Mais j’espère y trouver un nouveau souffle, pour ne pas trop avoir cette impression de déjà vu qui gâche parfois une lecture.

Congo, Eric Vuillard, 2012.

14 juillet, Eric Vuillard, 2016.

 

Les falsificateurs

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Ceux et celles qui suivent l’extension (un peu plus vivante) de ce salon sur Instagram savent que j’ai eu une révélation en octobre. D’Antoine Bello j’avais lu jadis, et avec plaisir, Enquête sur la disparition d’Émilie Brunet et, au printemps, L’homme qui s’envola. Et puis, au mitan des vacances de la Toussaint, j’ai extrait de ma PAL Les falsificateurs.

Peinant à trouver un premier emploi, Sliv Darthunghuver est ravi lorsqu’un cabinet en conseil environnemental lui offre un poste. Au terme de sa première mission, il apprend que son profil a retenu l’attention du Consortium de Falsification du Réel, une organisation dont les activités participent à l’écriture de l’histoire mondiale. Sliv se révèle rapidement un excellent scénariste et, à ce titre, voit se dessiner une carrière prometteuse au sein du CFR. Récompensé par le prix du premier meilleur scénario (destiné à préserver les intérêts du peuple bochiman), il se laisse emporter par son imagination et devient négligent. Sa désinvolture met en péril son avenir, et celui de sa collègue Lena Thorsen.

Voilà fort longtemps qu’un roman ne m’avait pas séduite à ce point. L’expression « coup de cœur », que j’emploie rarement, est ici parfaitement adaptée. Au-delà du style d’Antoine Bello, où la simplicité apparente dissimule des trouvailles lexicales, l’intelligence de l’intrigue est la véritable richesse du roman. Nourrie d’une quantité stupéfiante de références historiques autant que géopolitiques, elle se construit autour d’un enchaînement parfait de séquences et épargne au lecteur les retournements abracadabrantesques devenus monnaie courante dans les productions contemporaines.  Les personnages, peu nombreux, sont caractérisés avec soin. Ils forment un ensemble complémentaire et évitent tout manichéisme. Chaque détail est réglé avec minutie et le roman fonctionne avec la précision d’une horloge suisse.

Les opérations de falsification du réel s’appuient sur des dossiers, grâce auxquels  le CFR s’efforce d’influencer le cours de l’histoire, pour donner l’impulsion nécessaire à un événement, corriger une inégalité ou soutenir un idéal. L’auteur s’amuse ainsi à proposer des alternatives à plusieurs épisodes de l’histoire mondiale, comme celui qui conduisit à l’envoi de la chienne Laïka dans l’espace en 1957 ou celui qui explique une part de l’affaire Günter Guillaume. D’autres interventions semblent plus anecdotiques, mais n’en demeurent pas moins passionnantes, notamment la réapparition d’un film expressionniste perdu. Cette relecture du passé (ou réécriture si on se place du point de vue des personnages) est menée avec beaucoup de finesse. Pour quiconque a un peu de connaissances en histoire, ou du moins de l’intérêt, l’exercice est aussi divertissant que passionnant.

Arrivée au tiers d’une lecture que je ralentissais pour reculer le moment où s’achèverait le roman, je découvris qu’il constituait le premier volet d’une trilogie. Alors que ce billet prend enfin forme, je savoure avec un plaisir renouvelé le deuxième volume. Qu’il est dommage que de pareilles pépites ne soient pas plus nombreuses en librairie !

Les falsificateurs, Antoine Bello, 2007.

Joyeux Noël !

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Quelle belle occasion que Noël pour réveiller ce blog, endormi depuis si longtemps !

Point d’excuses ou d’explications alambiquées, mais la promesse de revenir bien vite avec quelques billets de lecture et des passages plus réguliers sur les blogs des unes et des autres.

Joyeux Noël aux lectrices et lecteurs fidèles qui passent encore par ici !

 

Le groupe

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Voici un petit moment que la littérature jeunesse n’a pas été mise à l’honneur par ici. Une conjonction favorable m’a placé entre les mains le dernier roman du genre écrit par Jean-Philippe Blondel (que, c’est loin d’être un secret, j’apprécie grandement).

A l’initiative de la professeure de philosophie, une dizaine de lycéens choisit de se réunir chaque semaine pour un atelier d’écriture. Le maître de cérémonie, qui se plie aussi aux exercices hebdomadaires, est également professeur, et écrivain. De janvier à juin, tous écrivent. Et ils apprennent à se connaître.

Le récit se fait à plusieurs voix. Les lycéens comme les enseignants racontent leur expérience de l’atelier. Entre ces commentaires s’intercalent leurs textes. Les petits bonheurs et les blessures adolescentes s’égrainent au fil des pages, mêlés à des réflexions sur le sens de la vie. Le point de vue des adultes désacralise l’image du professeur, en fait un individu comme les autres. Il n’y a là rien de bien étonnant dans un ouvrage destiné aux adolescents, qui pourront s’identifier à l’un ou l’autre des personnages, ou prendre conscience de la place que prennent les apparences dans un lycée. Mais tout est dit avec délicatesse et pudeur, dans une belle langue, ce qui n’est pas toujours le cas en littérature jeunesse.

Jean-Philippe Blondel, comme souvent, s’est appuyé sur son expérience personnelle pour nourrir ce roman. Et, une fois encore, il n’est pas évident de démêler la réalité de la fiction, tant l’auteur maîtrise l’art de la mise en abyme.

Le groupe, Jean-Philippe Blondel, 2017.

Un été à quatre mains

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Mon admiration pour le travail de Gaëlle Josse n’est plus un secret pour ceux et celles qui s’aventurent ici régulièrement. Impossible donc de passer à côté du moindre de ses romans.

L’été est celui de 1824, et les quatre mains celles de Franz Schubert et de sa jeune élève, Caroline Esterhazy. Affaibli par une maladie honteuse et comme gêné aux entournures par l’absence de revenus, Schubert se résout à quitter Vienne pour jouer, pendant quelques semaines, le maître de musique dans la résidence d’été de la famille Esterhazy. Si l’atmosphère un peu guindée de la gentilhommière hongroise et la compagnie de jeunes gens qui ne l’estiment guère satisfont peu le musicien, il apprécie les heures passées au piano avec la cadette de la famille, aussi réservée que talentueuse. Les mots échangés sont rares et banals, mais des mains qui se frôlent sur le clavier valent parfois un long discours.

Gaëlle Josse s’inspire d’un épisode réel de la vie de Franz Schubert, et, comme à son habitude, elle l’enjolive avec délicatesse. Elle comble les manques, sans trop en faire, pour laisser au lecteur une part d’imagination. Elle rend joliment compte d’un univers artistique, avec autant de finesse que dans Nos vies désaccordées, où la musique avait déjà sa place, ou bien L’ombre de nos nuits, où elle rend hommage à un peintre. Le texte est court, ciselé. Et une fois encore, je suis séduite par ce petit bijou, qui donne (est-ce étonnant ?) envie d’écouter Schubert en boucle pendant des jours.

Un été à quatre mains, Gaëlle Josse, 2017.

Agatha Christie, le chapitre disparu

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Après un long mois de silence, où l’envie de bloguer s’est perdue dans le tourbillon de la rentrée, voici un billet sur un roman qui me faisait de l’oeil depuis un moment. Croisé chez les camarades blogueuses comme dans la presse, cette fiction qui propose de combler un manque plus que célèbre dans la biographie d’Agatha Christie avait, sur le papier, tout pour me plaire.

En décembre 1926, Agatha Christie fait la une des journaux, non pour la publication d’un roman à succès, mais dans la rubrique des faits divers. La « reine du crime » a disparu. Sa voiture et quelques effets personnels ont été retrouvés au bord d’un étang, mais aucune trace de la jeune femme. Dix jours plus tard, elle refait surface dans une petite ville thermale du Nord, Harrogate.

Bien des théories ont été échafaudées pour comprendre ce qui était arrivé à Mrs Christie. Brigitte Kernel propose une réponse à la première personne. Agatha herself, alors qu’elle vient de terminer la rédaction de son autobiographie, dévoile les secrets de sa disparition. Si on veut résumer succinctement, il s’agit tout bonnement d’une affaire de dépit amoureux, compliquée par le chagrin lié à la perte de sa mère.

L’Agatha qui nous est proposée n’apparaît pas très futée. C’est une de ses amies qui scénarise la disparition et règle bien des détails matériels. Et quand elle est livrée à elle-même à Harrogate, celle qui se fait appeler Mrs Neele semble souvent avoir les deux pieds dans le même sabot. L’hypothèse n’est pas inintéressante, mais pour tout lecteur un peu averti, elle reste bancale. L’an passé, je me suis délectée de La romancière et l’archéologue, où Agatha Christie se révèle aussi drôle que dégourdie au fin fond de la Mésopotamie. Difficile donc de l’imaginer aussi empotée quelques années auparavant. L’auteur s’est vraisemblablement beaucoup documentée, notamment au sujet du roman paru sous pseudonyme, Loin de vous ce printemps. Il n’est pas impossible qu’un jour où j’aurais un peu de temps à perdre je n’aille vérifier les coïncidences entre le roman de Mary Westmacott et l’intrigue du chapitre disparu. En attendant, je m’en tiendrai très certainement aux romans et nouvelles de Mrs Christie, et, sans doute à d’autres romans de Brigitte Kernel dont j’ai apprécié le style (malgré une grammaire parfois malmenée…).

Agatha Christie, le chapitre disparu, Brigitte Kernel, 2016.

Mission à Haut-Brion – Le sang de la vigne, tome 1

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Après avoir découvert et beaucoup apprécié le travail de Jean-Pierre Alaux sur les romans ayant pour héros le conservateur Séraphin Cantarel, j’avais bien envie de me lancer dans la lecture de ceux qui ont davantage fait connaître l’auteur, à savoir la série intitulée « Le sang de la vigne ».

Benjamin Cooker est un oenologue réputé, cinquantenaire fringant et amateur d’antiquités. Il vient tout juste de recruter un assistant (Virgile Lanssien), quand un de ses amis viticulteurs fait appel à lui pour une question de vin gâché par des levures malfaisantes. Ni une, ni deux, Cooker s’emploie à sauver la production d’un des plus fameux crus du bordelais. Amis, employés et même ses connaissances dans le domaine des Antiquités sont réquisitionnés pour trouver une solution.

S’il n’y a pas à proprement parler d’enquête, Benjamin Cooker fouine de ci de là, fait appel à des amis spécialistes dans divers domaines, et finit par faire arrêter un coupable. Ce schéma donne du rythme au roman, qui se lit très facilement. Plus que les investigations du personnage principal, ce qui a retenu mon attention est, comme dans les autres romans d’Alaux, un intérêt pour le patrimoine. Il est évidemment question du vignoble et de son histoire, mais aussi de la cité Frugès réalisée par Le Corbusier à Pessac, dont je ne connaissais pas l’existence et que, désormais, je suis curieuse de visiter. Les références historiques sont amenées assez finement et ne ralentissent pas l’histoire. Le tout est écrit de manière enlevée, avec une pointe d’humour de temps à autre.

D’aucuns connaissent sans doute la série télévisée tirée de ces romans, ce qui n’est pas encore mon cas. Si l’occasion se présente, peut-être oserai-je voir ce que Pierre Arditi a fait du personnage de Benjamin Cooker, rebaptisé Benjamin Lebel pour l’occasion. Mais il est certain que la lecture de cette série de romans (25 titres pour l’heure !) ne fait que commencer…

Mission à Haut-Brion, Jean-Pierre Alaux et Noël Balen, 2004.

Voyages immobiles de l’été : guide et récits, de Bruxelles à Pékin

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Parmi mes lectures estivales favorites se trouvent les récits de voyage. Faute de partir beaucoup et/ou loin, j’apprécie de (re)découvrir villes et contrées plus ou moins exotiques. Cette année n’a pas fait exception : trois titres ont retenu mon attention.

Le premier de ces ouvrages est un guide Lonely Planet un peu ancien, qui avait déjà attiré mon attention lors de sa sortie. Il rassemble 8 itinéraires dans Bruxelles, où l’accent est mis sur l’histoire des quartiers et des paysages, sur les évolutions urbanistiques, sur ce qu’on peut encore voir et sur ce qui a disparu aussi. La particularité de ce guide est de ne contenir aucune photo : toutes les illustrations sont réalisées par François Schuiten. En noir et blanc comme en couleur, elles sont très réussies et offrent des paysages anciens, actuels ou rêvés de Bruxelles. La ville m’est assez familière, et cette lecture a fait émerger des souvenirs ainsi qu’une liste de visites à réaliser lors d’un prochain séjour.

Une approche vraiment plaisante de Bruxelles.

Bruxelles. Itinéraires., Christine Coste et François Schuiten, 2010.

La deuxième étape de ce voyage de papier m’a conduite à Istanbul, que raconte Sébastien de Courtois. Installé sur les rives du Bosphore pour des raisons professionnelles (il travaille notamment pour France Culture), l’auteur décrit la ville, ses habitants et ses alentours. On parcourt les différents quartiers de la métropole, on s’invite à la table de Stambouliotes comme d’expatriés européens, et, en filigrane, s’esquisse une histoire d’amour. Des références littéraires à foison, des rappels historiques précis sans être trop érudits, de jolies impressions, et point de jugement (même quand il est question de l’occupation de Taksim), le tout écrit avec une élégance qui donne envie de poursuivre la découverte de l’auteur.

Un thé à Istanbul. Récit d’une ville., Sébastien de Courtois, 2014.

Enfin, direction la Chine intérieure, en compagnie de Luc Richard. Pendant plusieurs semaines, ce journaliste vivant à Pékin se laisse entraîner dans un périple dans l’Ouest de la Chine, accompagné d’un camarade français et de deux Chinois. Le long de routes peu engageantes, dans des hôtels et des gargotes pas toujours bien famés, il multiplie les rencontres et les expériences inattendues. Il parcourt ainsi le Sichuan, le Yunnan, le Tibet et le Xinjiang, des territoires peu prisés des touristes occidentaux, voire, dans le cas du Tibet, qui leur sont en partie interdits. Ce tableau d’une Chine mal connue, loin des poncifs habituels, se lit avec plaisir, d’autant qu’il s’agit d’un des premiers textes de Luc Richard, qui ne maîtrise pas encore le chinois, ni ne connaît bien le pays. Son regard n’est pas celui d’un expert, mais fait penser à celui des explorateurs, souvent bien maladroits et facilement impressionnables.

Voyage à travers la Chine interdite, Luc Richard, 2003.