En bref : le retour des billets de lecture

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Après un faux départ le mois dernier (pour cause de noyade sous une centaine de  copies de bac blanc…), nouveau dépoussiérage et retour des billets de lecture.

Pour faire passer la pilule des travaux, puis des corrections en masse, il a bien fallu se changer les idées avec un peu de lecture. En bref, quelques uns des ouvrages lus ces dernières semaines.

Rien de tel qu’un bon polar historique pour se détendre, et La berceuse de Staline a tout à fait rempli son office. Dans le quatrième volume des enquêtes de François-Claudius Simon, le lecteur embarque pour Moscou. Le policier est chargé d’un surprenant échange, entre un prisonnier sorti des geôles françaises à la demande de Lénine et le neveu d’un ministre accusé d’assassinat en Russie. Il entend bien aussi élucider le massacre d’une famille russe réfugiée à Paris et, joignant l’utile à l’agréable, retrouver sa dulcinée. Comme à son habitude, Guillaume Prévost propose un arrière-plan historique méticuleusement construit et une enquête fort bien ficelée. De quoi ravir les lecteurs convaincus par les enquêtes précédentes (ici, ici et encore ) mais aussi ceux qui découvriraient l’inspecteur Simon.

La berceuse de Staline, Guillaume Prévost, 2014.

La bande dessinée est aussi venue à mon secours, avec un manga adapté de la série Sherlock. Il s’agit du premier volume inspiré de la première saison de l’adaptation télévisée avec Benedict Cumberbatch, intitulé « Une étude en rose ». La transposition du premier épisode de la série est réalisée avec une fidélité étonnante. Non seulement le scénario est parfaitement identique, mais le dessinateur propose des plans qui sont les mêmes que ceux de la série. Ce type de production est évidemment destiné aux fans de la série (et de l’acteur principal…), mais il peut aussi être un moyen de convaincre les lecteurs ne l’ayant pas encore visionnée. Les deux volumes suivants sont attendus dans les mois à venir en France. Avis aux amateurs.

Sherlock, « Une étude en rose », Jay., d’après un scénario de S. Moffat et M. Gatiss, 2013

 

Un coin de tableau #37

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Ces derniers jours la peinture est devenue un souci quotidien. Mais loin des musées et autres galeries, c’est celle qui doit être la dernière touche au long tunnel de travaux plombant ce début d’année…

Pour rompre la monotonie du blanc des plafonds, un tableau de saison d’Albert Marquet. Avant le retour des billets de lecture, notamment sur La septième fonction du langage, un presque coup de coeur.

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« Notre-Dame, temps de neige », A. Marquet, v. 1914, Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.

Trois grands fauves

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couvtroisgrandsfauvesRepéré chez une camarade blogueuse voici quelque temps, cet ouvrage difficilement classable a de nouveau suscité ma curiosité après qu’une collègue de Lettres a suggéré que nous organisions une rencontre entre nos élèves et l’auteur, Hugo Boris.

Les trois grands fauves en question sont Georges Danton, Victor Hugo et Winston Churchill. Ils ont en commun une extraordinaire énergie, qui leur fait appréhender la vie avec rage. Hugo Boris ne cherche pas à réaliser des biographies, mais à saisir des tranches de vie révélatrices de la personnalité de chacun de ces grands hommes. Il brode autour de faits historiques et donne du corps à des événements de leur vie personnelle. On tremble avec Danton. On lève un sourcil devant le récit des séances de spiritisme chez les Hugo. Et on admire la bravoure, mâtinée d’inconscience, du jeune Churchill.

Une lecture agréable, qu’il va maintenant falloir introduire auprès des élèves car rendez-vous est pris avec Hugo Boris dans le cadre de la Quinzaine de la librairie.

Trois grands fauves, Hugo Boris, 2013.

Meursault, contre-enquête

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couvmeursaultSur une plage d’Algérie française, un Européen abat un Arabe. L’événement sert de point de départ à un roman devenu célèbre, mais qui néglige la victime. Son frère, Haroun, cherche à lui rendre justice. Soir après soir, il raconte à un jeune homme, qu’il croit universitaire, l’histoire de Moussa, oublié après avoir été assassiné par Meursault, et puis, par ricochets, sa propre histoire, plombée par une enfance endeuillée.

Peu convaincue par la Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary – et donc échaudée par le principe de contre-enquête -, il m’a fallu un peu de temps et les encouragements d’amies lectrices pour oser cette lecture. Le premier tiers du roman a conforté mes craintes. Ces premières pages reviennent sur la mort de Moussa, le procès et le deuil pesant imposé par leur mère. Elles donnent comme une impression d’engluement car les répétitions sont nombreuses et la figure maternelle est assez agaçante. Dès lors qu’Haroun s’émancipe, qu’il se libère du deuil contraint, le propos devient plus passionnant. Le chapitre VII m’a particulièrement frappée. Il évoque l’évolution des pratiques religieuses en Algérie et dénonce avec justesse leurs excès. Là se trouve sans doute une des causes des ennuis de Kamel Daoud depuis la publication du roman. Le regard sur l’Algérie indépendante et les débordements qui ont suivi l’émancipation ne manquent pas non plus d’intérêt.

En somme cet hommage à L’Etranger est plus passionnant que je ne l’avais imaginé, d’autant qu’après un nouveau feuilletage du roman de Camus, les références apparaissent à la fois plus nombreuses et plus subtiles dans l’oeuvre de Kamel Daoud.

Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud, 2013.

De Venise à Venise

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img_20161229_200437_885L’année 2017 commence en fanfare : des travaux assez costauds (mes livres ont un temps été mis sur la sellette…) bousculent mon quotidien depuis deux semaines, et doivent durer encore un peu. Hormis le désordre ambiant, ce sont surtout les divers tracas qui accompagnent la rénovation forcée d’une partie de mon home sweet home qui m’ont tenue éloignée de ce salon. Le plus pénible étant passé, les billets de lecture peuvent faire leur retour, en commençant par un roman extirpé de ma PAL.

A la fin des années 1920, le palais Bialevski, sis à Dorsoduro, accueille plusieurs familles. Le propriétaire des lieux, Edoardo Bialevski, occupe le dernier étage sous les toits. Au piano nobile est installée la famille d’un avocat proche du pouvoir, Silvio Tolotta Pelz. Et à l’entresol vivent les Balmarin. Le lien entre ces familles, entre ces étages, ce sont les enfants. Ils se côtoient à l’école comme dans leurs loisirs, envisagent des unions à venir, cavalent dans les escaliers du palais, se chamaillent, s’immiscent dans les discussions des adultes où la diffusion des idées fascistes tient une place croissante.

Un titre et une couverture (la Salute vue par Turner) avaient jadis suffi à me faire acheter ce roman, car il m’est toujours difficile de résister à Venise. Sur ce point, pas de déception. La Sérénissime est un personnage à part entière, et non seulement un décor. Les descriptions de la ville sont rares, mais Pasinetti parvient à créer une atmosphère proprement vénitienne.

L’intrigue en revanche est plus difficile à saisir. Il s’agit davantage d’une succession de tranches de vie, notamment des aventures adolescentes, racontées par Giorgio, un ami des enfants Balmarin et Tolotta Pelz. Rien de bien palpitant, en somme. Des amours, des querelles, des drames. Et des portraits. Chaque personnage est présenté avec un étonnant luxe de détails, qui finissent d’ailleurs par embrouiller un peu le lecteur et ne les rendent pas plus attachants pour autant. L’arrière-plan historique n’apparaît qu’en filigrane, et la petite histoire, celle des enfantillages, l’emporte sur celle des années 1920.

Un bilan en demi-teinte, donc, pour un roman pas désagréable, mais loin d’être passionnant.

De Venise à Venise, Pier Maria Pasinetti, 1983.

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Que reste-t-il de 2016 ?

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tumblr_mkoyjcdb011s8pljio1_250C’est un exercice auquel je ne me suis guère pliée jusqu’à présent. 2016 ayant été marquée par des publications en pointillés, il m’a semblé plus justifié cette année.

Alors que les billets ont été irréguliers, le nombre de livres lus est plus important que l’an dernier : on frôle les 90. Les lectures pour le prix Elle ont évidemment pris beaucoup de place en début d’année, et depuis cet été j’ai entrepris un grand débroussaillage de PAL. Les romans se révèlent de plus en plus décevants mais je prends un plaisir grandissant à lire des essais, des récits de voyage et des polars, sans oublier des bandes dessinées.

retourdelabicycletteParmi les essais / récits de voyages / biographies, les trois plus marquants ont été

L’archéologue et la romancière, d’Agatha Christie

Le retour de la bicyclette, de Frédéric Héran

Le goût du large, de Nicolas Dessale

couvlombredenosnuitsPour les romans, les déceptions ont largement dominé, mais il reste malgré tout de bons souvenirs :

L’ombre de nos nuits, de Gaëlle Josse

Check-Point, de Jean-Christophe Ruffin

Un paquebot dans les arbres, de Valentine Goby

couvquaidesenfersUne bonne année de polars, avec quelques pépites :

Poulets grillés, de Sophie Hénaff

Quai des enfers, d’Ingrid Astier

La pomme d’amour de Rocamadour, de Jean-Pierre Alaux

Romans à succès et déceptions

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Au cours de ces dernières semaines, j’ai lu quelques romans encensés par les critiques, mais qui ne m’ont pas convaincue pour autant.

couvbibliothequedescoeurscabossesLa bibliothèque des coeurs cabossés a eu son lot de billets enthousiastes chez mes camarades blogueuses. Toutefois je n’étais pas vraiment pressée de lire ce roman et c’est le hasard des déambulations à la médiathèque qui me l’a mis entre les mains. Les aventures de Sara Lindqvist à Broken Wheel m’ont semblé cousues de fil blanc, truffées de bons sentiments autant que de clichés. Je suis donc perplexe face au succès de ce roman, comme je l’avais été pour Le mec de la tombe d’à côté ou Quand souffle le vent du Nord. Une allergie à la guimauve, peut-être ?

couvpetitpaysPetit pays, maintes fois récompensé, m’a davantage séduite. Mais plus que le personnage de Gabriel, qui voit midi à sa porte, c’est le cadre de l’intrigue qui m’a plu. La vie d’un expatrié au Burundi et les massacres des années 1990 sont présentés avec sobriété et justesse. L’ensemble est assez bien écrit. Néanmoins j’ai tiqué une nouvelle fois sur un élément qui m’agace régulièrement : il s’agit encore d’un roman largement inspiré de la vie de l’auteur, donc davantage de l’autofiction qu’un véritable roman. N’existe-t-il plus de romanciers à l’imagination fertile qu’on ne nous serve plus que des récits autobiographiques ? C’est sans nul doute ce qui me détourne de plus en plus des romans, pour des essais ou des polars.

La bibliothèque des coeurs cabossés, Katarina Bivald, 2015.

Petit pays, Gaël Faye, 2016.

Dépoussiérage et petit bilan de l’objectif PAL

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Passons sur l’endormissement de ce salon, dû, comme souvent, à une avalanche d’obligations professionnelles et personnelles. Quelques jours de vacances vont permettre d’ouvrir en grand les fenêtres et de rendre ces lieux à la vie. Et peut-être 2017 sera-t-il plus propice à des publications régulières…

couvcampagnedefrance1Le mois de novembre était placé sous le signe de l’objectif PAL. Si un seul billet a été publié, j’ai rempli mon contrat et lu quatre des cinq livres sortis de ma PAL. Pour me remettre de la déception Les livres prennent soin de nous, j’ai dévoré deux romans très différents mais également plaisants.

Après Le Front russe et son pigeon, puis Comme un karatéka belge qui fait du cinéma (et ses vaches), Jean-Claude Lalumière m’a fait passer un très moment en compagnie d’Alexandre, Otto et leurs touristes légèrement barrés. La Campagne de France est un roman farfelu, satirique et d’une incroyable intelligence. Et j’y ai trouvé de nouveaux animaux (un chat et des lièvres, cette fois) à ajouter au bestiaire Lalumière.

couvloindesmosqueesEnsuite, ce fut l’heure pour un peu de littérature belge, avec Armel Job et Loin des mosquées. Je découvrais l’auteur, et il est certain qu’il aura sa place dans les lectures du prochain mois belge. Ce roman réussit à aborder des thèmes sensibles avec finesse. Il est un très bel hymne à la tolérance et mérite d’être abondamment conseillé en ces temps où obscurantisme et étroitesse d’esprit gagnent du terrain.

Quant au dernier roman de cet objectif PAL, il s’agissait du quatrième tome de la dynastie Savoisy, Meurtres au potager du roy. Malgré tout l’intérêt que je porte au règne de Louis XIV et à Versailles, je ne suis pas parvenue à vraiment m’intéresser à ces histoires de graines de melon. En achevant cette lecture, seule l’envie de retourner visiter le Potager de Versailles est restée.

Deux déconvenues et deux bonnes pioches : le bilan de cet élagage de PAL est finalement encourageant. D’ailleurs, le défrichement se poursuit, et j’ai bon espoir de venir bientôt à bout de cet amoncellement déraisonnable.

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