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Après la lecture du Sentiment du fleuve, ma PAL s’était enrichie d’un second roman de François Emmanuel, longtemps délaissé. Le mois belge était l’occasion idéale pour renouer avec un style et une vision du monde, comme hors du temps.

Les cinq enfants Fougeray ne se voient guère, surtout depuis la disparition en mer de leur père, et ils se parlent peu. Mais voilà qu’Olivier, l’aîné, choisit de les rassembler tous dans la maison familiale à l’occasion de son mariage. Une perspective peu enthousiasmante pour ses trois soeurs et son frère, préoccupés par ailleurs.

Les épousailles et la fête qui les accompagne ne semblent qu’un prétexte. Il n’en est question qu’à la marge, au travers de détails d’organisation (dresser des tables, ouvrir ou fermer des parasols, faire réchauffer des entrées…). L’essentiel du roman tient dans ses personnages. Le récit est mené du point de vue de chacun des frères et soeurs qui, tour à tour, profitent de cette parenthèse dans le quotidien pour faire un point sur leur vie ou se remémorer les souvenirs d’enfance. Même si Olivier paraît en retrait, tous ont comme points communs un sentiment de solitude et comme une mélancolie qui les empêche de s’épanouir. Et quand ils finissent par se parler, les vérités énoncées ne sont pas toujours agréables à entendre.

Ce roman sans intrigue véritable, où des pans entiers de l’histoire des personnages restent méconnus (les circonstances de la mort du petit frère, Pierrot, par exemple), se lit sans y paraître car le style de François Emmanuel est comme la vague du titre : il emporte le lecteur d’un mouvement régulier et hypnotique.

Regarde la vague, François Emmanuel, 2007.

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