Étiquettes

,

NDP

Cette flèche orangée qui a cassé sur ce ciel gris d’inquiétude, ce n’était pas la marque du point de non-retour…  La France de Victor Hugo et d’Eugène Delacroix n’est plus que la France des Marc Levy et des Ben Vautier ! Et ce moment d’entrée dans la sénilité culturelle, où il est encore possible de prendre conscience du mal à venir, ce moment où l’on commence à se satisfaire de ce que l’on n’est plus, à se complaire dans ce que l’on était… Ce moment critique des peuples et des civilisations, à partir duquel on ne sait plus, ni créer ni inventer, ni même découvrir, c’est celui que nous avons manqué !

On ne nous croit bons qu’à jouer les gardiens de musée, quand nous ne sommes pas même des réparateurs, perdus devant ces objets que nous savons seulement faire fonctionner ! Nous ne sommes pas même des réparateurs car nous réparons mal, et nous avons perdu Notre-Dame sans l’excuse d’une cause terrible, ni la Grande Guerre et ses obus aveugles ni un peintre raté et sa folie de pouvoir ! Alors notre chef face au désastre a pris deux actes faibles : annuler un discours parmi d’autres, lancer une souscription de plus… Mais il est à notre image car nous avons les grands hommes que nous méritons, et les hommes politiques que nous élisons ! Alors il est facile de se demander le lendemain, d’un fauteuil plus ou moins confortable mais qui n’est pas le sien, si l’Etat n’aurait pas là un autre rôle à jouer. C’est facile mais ce n’est pas faux, comme si les missions concédées par notre nation, ses causes et ses valeurs trouvaient soudain tout leur sens autour d’une rosace…

Le fait est que Notre-Dame a brûlé, et que nous en sommes presque à compter ce qu’il reste à côté ! On compte ce que l’on a déjà commencé à donner, comme si ce qui était parti avait un prix, on compte les reliques sauvées et les œuvres perdues… On compte les années qu’il faudra en comparant à celles qu’il a fallu, on compte en croyant à la raison contre la douleur, en pensant qu’elle sera notre bâton de vieillesse pour le temps qu’il nous reste ! Mais le temps est peut-être venu d’avouer, de vendre ou de confier, dans l’espoir incertain que d’autres feront mieux…