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Quand j’ai reçu les relectures pour le mois d’octobre, plusieurs camarades blogueuses ont semblé intriguées par ce titre car elles avaient apprécié Bondrée, du même auteur (notamment Sandrion, dont le billet se trouve ici). Je me lançais donc avec optimisme dans ce polar canadien…

Le roman s’ouvre, de manière alléchante, sur le récit de deux disparitions à trente années d’intervalle. Deux points de vue complémentaires, celui de l’enfant qui a perdu son ami et observe le désarroi des adultes face à celui du père à qui on a arraché sa fille : la  situation laisse espérer une enquête croisée, par delà le temps qui passe. Que nenni ! A propos de ces deux événements manifestement fondateurs pour l’intrigue principale, le lecteur ne peut se mettre sous la dent qu’une ébauche d’enquête, menée par des policiers cantonnés aux seconds rôles, et caricaturés. A la place, Andrée A. Michaud développe pendant deux cent cinquante pages les atermoiements des deux personnages centraux, Marnie et Bill. Sans  être inintéressants, ces portraits sont développés à outrance. Le personnage de Bill en particulier vire à la caricature après de nombreuses pages d’apitoiement émaillé de jurons québécois. Difficile de croire aux multiples coïncidences qui les réunissent à Rivière-aux-Trembles et font d’eux les suspects idéaux à l’occasion d’une troisième disparition d’enfant.

            D’aucuns trouveront audacieux de n’entrer dans l’enquête à proprement parler que dans le dernier tiers du roman. D’autres, plus sceptiques, se demanderont pourquoi on essaie de faire passer un roman psychologique, où le chagrin parental est largement mis en scène, pour un polar. En tournant la dernière page, on peut se demander s’il ne manque pas là une partie du roman, qui offrirait un dénouement à la hauteur des questions soulevées.

Rivière tremblante, Andrée A. Michaud, 2017.

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