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Le titre laisse espérer la biographie d’une actrice aujourd’hui méconnue, dont le nom a comme un parfum de scandale. On imagine faire plus ample connaissance avec cette jeune femme à laquelle sa carrière semble avoir échappé, dans une lettre ouverte ou un hommage posthume.

Au bout de quelques pages, on s’aperçoit que le « je » est plus présent que le « tu », et que le propos est essentiellement alimenté par les souvenirs de l’auteure, se remémorant les moments passés avec une sulfureuse cousine qui la fascine autant qu’elle l’inquiète. Mais ce glissement ne déçoit pas, car le style élégant et sobre de Vanessa Schneider pousse à poursuivre la lecture. Elle brosse par ailleurs un tableau personnel et néanmoins révélateur  des années 1970 et 1980.

L’évocation du petit monde du cinéma de cette époque est brève mais efficace. Les lecteurs non-cinéphiles enrichissent leur culture. Les autres découvrent que Brigitte Bardot tient, auprès de Maria, un rôle qui ne nous est pas familier, ou que Frédéric Mitterrand a la mémoire longue.

Le plus pertinent, dans ces pages, n’est toutefois pas où on l’attend. C’est lorsqu’elle évoque son enfance, marquée par un père haut-fonctionnaire qui choisit de vivre dans un quartier populaire et de défendre des valeurs révolutionnaires, que Vanessa Schneider est la plus passionnante. Différente de ses camarades de classe en raison du poids du passé familial, du mode de vie adopté par ses parents et, finalement, de sa relation avec Maria, elle raconte, en filigrane d’un récit biographique, comment elle s’est elle-même construite.

Tu t’appelais Maria Schneider, Vanessa Schneider, 2018.

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