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Pour Noël, ma sœur a eu la bonne idée de réaliser un panier belge, dans lequel se trouvaient toutes les gourmandises (sucrées et salées) qu’on ne trouve qu’en Belgique, mais aussi deux livres, dont le roman de Griet op de Beeck. Depuis décembre, il attend le mois belge dans ma PAL…

Ils sont cinq, de trois générations, et presque tous de la même famille. Les événements qu’ils vivent sont racontés du point de vue de chacun. Eva est psychologue dans une prison et toujours à l’écoute de ses proches. Pourtant elle vit seule, et cela lui pèse. Sa sœur, Elsie, n’est plus très heureuse en ménage. Alors quand elle croise Casper, il est difficile de résister. D’ailleurs, Casper, un artiste, est aussi l’ami d’Eva et un des narrateurs. Et puis, il y a Lou, la fille d’Elsie. A 12 ans, les petits tracas quotidiens deviennent vite des drames, mais les faiblesses des adultes ne vous échappent pas. Jos, enfin, est le père d’Eva et Elsie. Un peu porté sur la bouteille, il semble incapable de réagir face à la détresse de ceux qui l’entourent.

Difficile d’imaginer qu’un ensemble de personnages si dissemblables puissent raconter une histoire commune, cohérente. Et, en effet, dans un premier temps, le lecteur peut être légèrement dérouté par une narration en apparence décousue. Très vite, cependant, les liens entre chacun de ces destins, qui se croisent sans toujours se rencontrer vraiment, se dessinent. Et le point commun, l’interrogation du roman, apparaît : la quête du bonheur. Il se construit grâce aux petits plaisirs du quotidien, aux attentions des proches, aux espoirs et à quelques moments de grâce. Mais il peut aussi se heurter aux déceptions, aux contrariétés et à ces instants de solitude extrême.

Chaque chapitre donne la parole à chacun des protagonistes de l’histoire, qui se croisent souvent, se consolent ou s’encouragent. Malgré un optimisme omniprésent, on sent comme un malaise à mesure qu’on avance dans cette histoire. Si le bonheur semble à la portée de chacun d’entre eux, il est manifeste qu’un drame se prépare. Âmes sensibles, prenez garde. Griet op de Beeck propose un dénouement mi-figue mi-raisin, qui risque de tirer quelques larmes aux plus émotifs. Pourtant c’est sur une note positive que se referme le roman.

Un premier roman qui ne peut laisser insensible.

Bien des ciels au-dessus du septième, Griet op de Beeck, 2013.

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