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Voici un petit moment que la littérature jeunesse n’a pas été mise à l’honneur par ici. Une conjonction favorable m’a placé entre les mains le dernier roman du genre écrit par Jean-Philippe Blondel (que, c’est loin d’être un secret, j’apprécie grandement).

A l’initiative de la professeure de philosophie, une dizaine de lycéens choisit de se réunir chaque semaine pour un atelier d’écriture. Le maître de cérémonie, qui se plie aussi aux exercices hebdomadaires, est également professeur, et écrivain. De janvier à juin, tous écrivent. Et ils apprennent à se connaître.

Le récit se fait à plusieurs voix. Les lycéens comme les enseignants racontent leur expérience de l’atelier. Entre ces commentaires s’intercalent leurs textes. Les petits bonheurs et les blessures adolescentes s’égrainent au fil des pages, mêlés à des réflexions sur le sens de la vie. Le point de vue des adultes désacralise l’image du professeur, en fait un individu comme les autres. Il n’y a là rien de bien étonnant dans un ouvrage destiné aux adolescents, qui pourront s’identifier à l’un ou l’autre des personnages, ou prendre conscience de la place que prennent les apparences dans un lycée. Mais tout est dit avec délicatesse et pudeur, dans une belle langue, ce qui n’est pas toujours le cas en littérature jeunesse.

Jean-Philippe Blondel, comme souvent, s’est appuyé sur son expérience personnelle pour nourrir ce roman. Et, une fois encore, il n’est pas évident de démêler la réalité de la fiction, tant l’auteur maîtrise l’art de la mise en abyme.

Le groupe, Jean-Philippe Blondel, 2017.

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