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Mon admiration pour le travail de Gaëlle Josse n’est plus un secret pour ceux et celles qui s’aventurent ici régulièrement. Impossible donc de passer à côté du moindre de ses romans.

L’été est celui de 1824, et les quatre mains celles de Franz Schubert et de sa jeune élève, Caroline Esterhazy. Affaibli par une maladie honteuse et comme gêné aux entournures par l’absence de revenus, Schubert se résout à quitter Vienne pour jouer, pendant quelques semaines, le maître de musique dans la résidence d’été de la famille Esterhazy. Si l’atmosphère un peu guindée de la gentilhommière hongroise et la compagnie de jeunes gens qui ne l’estiment guère satisfont peu le musicien, il apprécie les heures passées au piano avec la cadette de la famille, aussi réservée que talentueuse. Les mots échangés sont rares et banals, mais des mains qui se frôlent sur le clavier valent parfois un long discours.

Gaëlle Josse s’inspire d’un épisode réel de la vie de Franz Schubert, et, comme à son habitude, elle l’enjolive avec délicatesse. Elle comble les manques, sans trop en faire, pour laisser au lecteur une part d’imagination. Elle rend joliment compte d’un univers artistique, avec autant de finesse que dans Nos vies désaccordées, où la musique avait déjà sa place, ou bien L’ombre de nos nuits, où elle rend hommage à un peintre. Le texte est court, ciselé. Et une fois encore, je suis séduite par ce petit bijou, qui donne (est-ce étonnant ?) envie d’écouter Schubert en boucle pendant des jours.

Un été à quatre mains, Gaëlle Josse, 2017.

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