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Après un long mois de silence, où l’envie de bloguer s’est perdue dans le tourbillon de la rentrée, voici un billet sur un roman qui me faisait de l’oeil depuis un moment. Croisé chez les camarades blogueuses comme dans la presse, cette fiction qui propose de combler un manque plus que célèbre dans la biographie d’Agatha Christie avait, sur le papier, tout pour me plaire.

En décembre 1926, Agatha Christie fait la une des journaux, non pour la publication d’un roman à succès, mais dans la rubrique des faits divers. La « reine du crime » a disparu. Sa voiture et quelques effets personnels ont été retrouvés au bord d’un étang, mais aucune trace de la jeune femme. Dix jours plus tard, elle refait surface dans une petite ville thermale du Nord, Harrogate.

Bien des théories ont été échafaudées pour comprendre ce qui était arrivé à Mrs Christie. Brigitte Kernel propose une réponse à la première personne. Agatha herself, alors qu’elle vient de terminer la rédaction de son autobiographie, dévoile les secrets de sa disparition. Si on veut résumer succinctement, il s’agit tout bonnement d’une affaire de dépit amoureux, compliquée par le chagrin lié à la perte de sa mère.

L’Agatha qui nous est proposée n’apparaît pas très futée. C’est une de ses amies qui scénarise la disparition et règle bien des détails matériels. Et quand elle est livrée à elle-même à Harrogate, celle qui se fait appeler Mrs Neele semble souvent avoir les deux pieds dans le même sabot. L’hypothèse n’est pas inintéressante, mais pour tout lecteur un peu averti, elle reste bancale. L’an passé, je me suis délectée de La romancière et l’archéologue, où Agatha Christie se révèle aussi drôle que dégourdie au fin fond de la Mésopotamie. Difficile donc de l’imaginer aussi empotée quelques années auparavant. L’auteur s’est vraisemblablement beaucoup documentée, notamment au sujet du roman paru sous pseudonyme, Loin de vous ce printemps. Il n’est pas impossible qu’un jour où j’aurais un peu de temps à perdre je n’aille vérifier les coïncidences entre le roman de Mary Westmacott et l’intrigue du chapitre disparu. En attendant, je m’en tiendrai très certainement aux romans et nouvelles de Mrs Christie, et, sans doute à d’autres romans de Brigitte Kernel dont j’ai apprécié le style (malgré une grammaire parfois malmenée…).

Agatha Christie, le chapitre disparu, Brigitte Kernel, 2016.

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