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Depuis deux ans, lors du mois anglais, les billets de Keisha sur les romans de Barbara Pym titillent ma curiosité. Il était temps de faire connaissance avec cet auteur et son petit monde so fifties. Grâce au réseau départemental des bibliothèques, une édition antédiluvienne au papier bien jauni m’a permis de découvrir les soeurs Bede et leurs obsessions surannées.

Dans une paroisse de campagne, l’arrivée d’un nouveau vicaire, suivie de la visite d’un bibliothécaire assez renommé puis de celle d’un évêque africain suffisent à mettre en émoi toute une petite communauté, d’ordinaire anesthésiée par les sermons un peu farfelus de l’archidiacre. Belinda et Harriet Bede, vieilles filles très préoccupées de la vie religieuse et mondaine de leur village, voient leur routine chahutée par ce défilé de messieurs. Mais, dans la campagne anglaise, tout finit toujours par retrouver sa place.

Quelle atmosphère dans ce roman, où, finalement, il ne se passe pas grand chose ! L’auteur semble beaucoup s’amuser à décrire la vie étriquée de la petite bourgeoisie rurale. On s’observe, on cancane, on échafaude des hypothèses, on se montre et on boit des litres de thé (souvent accompagné de scones, of course). Avec l’air de ne pas y toucher, au fil d’une intrigue gentillette, c’est avec un oeil exercé à l’anthropologie que Barbara Pym se moque doucettement de ces vieilles filles et du clergé de province. Et le lecteur se délecte en découvrant ce tableau acidulé. Comme je m’y attendais, je me suis laissé prendre au jeu, et il faudra à nouveau compulser le catalogue des bibliothèques du département pour mettre la main sur les romans suivants…

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