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Entre deux quintes de toux et dans un brouillard fiévreux, les bandes dessinées m’ont tenu compagnie ces dernières semaines. Grâce à mon cher mari, qui a le truc pour mettre la main sur les pépites de la médiathèque, j’ai pu lire La différence invisible et Le retour de la bondrée.

C’est avec curiosité et quelques connaissances sur le sujet que j’ai abordé La différence invisible. Le syndrome d’Asperger a surgi dans mon quotidien l’an dernier puisque, dans une de mes classes, se trouvait un élève autiste Asperger. Si le style graphique m’a beaucoup plu, le personnage de Marguerite a un je-ne-sais-quoi d’agaçant et d’artificiel. La présentation du syndrome d’Asperger est un peu caricaturale, d’autant qu’il peut prendre des formes différentes et susciter des réactions bien plus nuancées que celles qui sont présentées (le préjugé de l’autiste incapable de communication ou de regarder son interlocuteur dans les yeux, répété chez plusieurs interlocuteurs de Marguerite, est un tantinet excessif). Il n’est pas certain que cette bande dessinée permette vraiment de faire comprendre ce qu’est l’autisme ou le syndrome d’Asperger, d’autant qu’elle propose une vision un peu simpliste des choses. La présentation est peut-être trop personnelle, nourrie d’une auto-fiction qui plombe désormais tant de créations, et à laquelle j’ai développé comme une allergie.

La différence invisible, Julie Sachez et Mademoiselle Caroline, 2016.

Le retour de la bondrée et son étonnante couverture ont envahi pendant quelques mois les blogs de lecture, souvent dans le cadre de billets très élogieux. Cette histoire met en scène un libraire au bord de la faillite qui, par le plus grand des hasards, est témoin d’un suicide. Non seulement l’événement le bouleverse, mais il fait ressurgir des souvenirs bien noirs. Et c’est là que le bât blesse. Il n’a vraiment pas de chance, ce Simon, d’assister à deux occasions à la mort d’un tiers ! Et dans les deux cas, les circonstances sont assez déroutantes. Pourquoi aller stocker des livres d’occasion dans une grange située au milieu de nulle part ? Dans quelle école autorise-t-on les enfants à monter sur un toit non sécurisé ? L’intrigue est bancale, peuplée de personnages qu’on peine à saisir, en particulier le héros qu’on a envie de secouer pendant toute la lecture… Une jolie déception, associée à une nouvelle incompréhension des emballements médiatiques autour de certains ouvrages.

Le retour de la bondrée, Aimée de Jongh, 2014.

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