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couvcoiffeurdechateaubriandAprès avoir démontré ses talents chez Madame, Adolphe Pâques est introduit auprès de François-René de Chateaubriand, auteur qu’il vénère en secret. Il est chargé de préserver l’illusion de la coiffure de sa jeunesse : « Donner l’air ébouriffé à un grand homme qui a l’habitude de rabattre sa mèche sur le dessus du crâne, c’est un exploit. » Et non seulement le jeune Adolphe donne satisfaction au ci-devant ministre, mais il parvient aussi à devenir une sorte de confident, auquel on confie la numérotation des pages des Mémoires, ou le logement d’une jeune personne qu’il serait inconvenant de voir rue du Bac.

Pour affronter les errements (souvent administratifs…) de la rentrée, j’avais envie d’érudition mâtinée de légèreté, ce qu’on trouve toujours chez Adrien Goetz. Aucune déception lors de cette lecture. Le sujet peut sembler un peu tiré par les cheveux de prime abord, mais le roman est surtout un hommage à Chateaubriand, ainsi qu’à son coiffeur, qui a bel et bien existé et a publié ses propres mémoires en 1872. Histoire et fiction se rencontre avec habileté. Le style est vif et peu avare en jolies tournures. Au-delà de l’adulation du coiffeur pour son illustre client, l’intrigue met en lumière un étonnant jeu d’espionnage destiné à mettre la main sur les Mémoires avant que Chateaubriand ne les publie. Au terme de cette lecture, le risque est grand d’avoir envie de se précipiter au Musée de Saint-Malo où est exposée une oeuvre pour le moins surprenante : un tableau de la chambre de Chateaubriand, réalisé par Adolphe Pâques avec… des cheveux de l’auteur ! Un excellente excuse en somme pour aller passer un week-end au bord de la mer.

Le Coiffeur de Chateaubriand, Adrien Goetz, 2010.

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