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PBP-la romanciere et l'archeo_PBPParmi les romans d’Agatha Christie, ceux dont l’action se déroule au Moyen Orient ont un charme supplémentaire. La lecture de La romancière et l’archéologue permet de voir sous un autre jour ces histoires.

Lorsqu’elle épouse, en secondes noces, Max Mallowan, Agatha Christie embrasse aussi une vie plus aventureuse. Elle accompagne en effet son mari lors de ses campagnes de fouilles en Syrie. Le récit qu’elle fait de ces cinq séjours se nourrit de l’enthousiasme des découvertes, de ses étonnements face aux situations parfois rocambolesques auxquelles elle est confrontée. Le ton est léger, souvent drôle. On se délecte des multiples aventures vécues par le couple Mallowan et ses compagnons, variables selon les séjours. Les transports, la cuisine, le logement, la gestion du personnel de maison, rien n’échappe à l’oeil comme à la plume d’Agatha Christie. Quelques passages sont particulièrement amusants, comme celui où elle décrit la manière dont Mansur, le domestique qui s’occupe plus spécifiquement d’elle, prépare le thé ou fait le ménage.

« Pourquoi, lorsque Mansur utilise une serviette à thé gansée de bleu pour essuyer la boue qui macule la calandre de la voiture, voit-il surgir une khatun furieuse et réprobatrice ? La serviette n’a-t-elle pas réussi à enlever toute la boue ? Et pourquoi le blâme-t-elle injustement après avoir vu qu’il essuyait la vaisselle du petit déjeuner avec un drap ? –  « Mais, proteste Mansur désireux de justifier son attitude, nous n’utilisons jamais de draps propres. Seulement des sales ! »

20160716_170337[1]Ce récit offre aussi un tableau saisissant d’une région qui fait, depuis plusieurs années, les gros titres dans les médias. Les richesses archéologiques du Moyen Orient sont présentées comme quasi illimitées. Les troubles caractérisant désormais ce qui fut la Mésopotamie entraînent des destructions irrémédiables. Sans doute Agatha Christie aurait-elle été terriblement peinée de l’évolution des choses.

Cet ouvrage stationnait dans ma PAL depuis un moment, et le mois anglais a été une bonne occasion de l’en sortir enfin. Si je n’ai pas eu le temps de rédiger ce billet avant la fin du mois de juin, le plaisir que j’ai eu lors de cette lecture justifie un partage. Les lecteurs passionnés de la Reine du Crime se régaleront. Quant à ceux qui l’apprécient sans excès, ils pourront y découvrir l’auteur autrement.

La romancière et l’archéologue, Agatha Christie Mallowan, 1946.

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