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couvpetitpimentAbandonné sur le seuil d’une institution religieuse de Pointe-Noire, le narrateur y a reçu un prénom si long (« Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est arrivé sur la terre des ancêtres »), qu’il se fait appeler simplement Moïse. Dans cet orphelinat mené d’une poigne de fer, il reçoit une vague éducation (religieuse, puis socialiste après la révolution) mais aussi un certain nombre de coups. Il s’enfuit avec quelques camarades et découvre la liberté, mais aussi la misère. Il devient Petit Piment et croise le chemin de Maman Fiat 500. S’ouvre alors une période de quasi bonheur. Quand sa protectrice disparaît, Petit Piment sombre dans une douce folie.

Petit Piment a des airs de roman d’éducation. On suit la formation d’un adolescent parti de rien, tantôt naïf tantôt malin. Les péripéties qui ponctuent sa vie sont liées aux soubresauts de l’histoire du Congo. Une révolution, puis les décisions d’un maire soucieux de l’image de sa ville, bousculent le fragile équilibre qu’il réussit à construire et finissent par emporter sa raison. Ce tableau du Congo n’est pas inintéressant, d’autant qu’il est brossé avec un soupçon d’ironie.

Toutefois le personnage de Petit Piment a un je-ne-sais-quoi d’agaçant, qui ne m’a pas permis de véritablement entrer dans le roman, ni d’être touchée par le personnage principal. La dernière partie du récit, celle où il a perdu la tête, est plus confuse, et semble donc un peu longue. On s’ennuierait presque, et on n’est pas fâché de voir le roman s’achever.

Petit Piment, Alain Mabanckou, 2015.

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