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Mise en page 1Pas toujours évident d’être avocat et réserviste de l’armée israélienne. Pourtant le personnage principal d’Une proie facile arrive à concilier les deux car, depuis qu’il a quitté le cabinet huppé pour lequel il travaillait, les clients ne se bousculent pas. Alors il enquête parfois pour la police militaire. On lui propose cette fois d’éclaircir une affaire de viol qui met en cause un jeune officier à l’avenir prometteur. Entre Tel Aviv et la frontière libanaise, en passant par un village du Sud d’Israël, il questionne, observe et cherche à démêler le vrai du faux.

Une intrigue policière en Israël, voilà qui était une première pour moi. Et c’est donc avec un a priori favorable que j’ai abordé cette lecture. Le cadre autant que le contexte de l’histoire lui donnent une profondeur particulière. Malgré la morosité du narrateur, qui vit de manière assez recluse, la vitalité de Tel Aviv transparaît dans le mode de vie de sa colocataire. La tension permanente, notamment aux frontières sensibles, est aussi palpable. La place de l’armée dans la société israélienne est présentée simplement, mais efficacement. Quant à l’enquête, si elle s’ouvre sur des incertitudes et s’accompagne d’enjeux qui dépassent la justice habituelle, elle s’englue peu à peu et on ne sait plus bien où l’auteur veut en venir. Comme s’il ne savait pas comment conclure l’histoire. Le dénouement peut d’ailleurs laisser le lecteur sur sa faim.

Mais le plus étonnant dans ce roman, ce sont les personnages secondaires et les intrigues qui les entourent. L’unique client du narrateur et ses péripéties immobilières n’apportent rien à l’histoire et ne permettent pas de mieux comprendre le personnage principal. Il est en de même avec sa colocataire, dont les irruptions sont parfois irritantes. Le seul intérêt de ces parenthèses est qu’elles confirment la mollesse du narrateur, sans pour autant l’expliquer.

C’est donc sur un sentiment très mitigé que se finit cette lecture, une impression d’inachevé.

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