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couvunevieentiereLa vie entière qui occupe ce roman est celle d’Andreas Egger. Il arrive un peu par hasard dans une vallée alpine à l’âge de quatre ans, lorsqu’il est recueilli par une sorte d’oncle éloigné, une brute dont les coups finissent par le rendre boiteux. Andreas se plaît néanmoins dans cette vallée, où il prend son indépendance, à coup de petits travaux, puis grâce aux travaux d’installation et d’entretien des téléphériques. Entre ces montagnes, il connaît des moments heureux (une belle histoire avec Marie, qui devient sa femme), mais aussi beaucoup de coups durs et une fin bien solitaire.

La vie entière d’Andreas Egger n’est pas des plus palpitantes, ni des plus riches non plus. Il est un homme ordinaire, qui subit plus sa vie qu’il ne la choisit. Il est comme hors du temps, même si certains événements historiques (la Seconde Guerre mondiale) ou les évolutions de la société viennent bousculer le précaire équilibre de son quotidien. Le personnage est touchant, mais il lui manque un petit quelque chose pour captiver le lecteur. Sa passivité, mâtinée de naïveté, est parfois agaçante. On attend qu’un événement se produise pour donner, en cours de roman, un véritable élan à une intrigue qui ronronne. En vain. Le ton contemplatif, un peu trop lisse à mon goût, contribue à ancrer le récit dans une forme de monotonie. Et quand survient le dénouement, on reste un peu sur sa faim.

Une vie entière, Robert Seethaler, 2014.

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