Mots-clefs

couvmindreaderRares sont ceux qui auraient le culot et l’autorisation de sortir l’assassin d’un policier du couloir de la mort  pour le conduire au siège de l’ONU. C’est pourtant le pari de Terry Dyler, représentante d’une cellule très spécialisée du FBI, car Denny Brooks est doté d’un atout unique : il peut lire dans les pensées de ceux qui l’entourent. S’il  met cette capacité au service du gouvernement américain dans l’espoir d’obtenir une remise de peine, elle lui permet aussi de découvrir qu’on lui réserve une fin expéditive. Il s’enfuit. Sur sa trace, le FBI lance un policier lui aussi télépathe.

Hormis le don des deux personnages masculins, rien ne semble très original dans les premières pages du roman. Tout semble conduire à une poursuite entre un méchant assassin et un gentil policier. Quand ils se rencontrent pourtant, l’intrigue devient beaucoup plus passionnante. La collaboration entre ces deux hommes très différents met en lumière un projet scientifique plutôt nauséabond. Le ton s’infléchit aussi, glissant davantage vers l’ironie. Et tandis que les deux héros enquêtent, tout en esquivant les mauvais coups du FBI, s’esquisse une petite critique d’une société contemporaine dépendante des gadgets technologiques autant que d’une administration américaine aux airs d’apprenti sorcier. Un rythme soutenu, sans rebondissements abracadabrants, et des dialogues écrits avec talent finissent de convaincre le lecteur, jusqu’à un dénouement qui échappe à la banalité. Seul le titre français, un peu plus forcé que le Mindreader original, laisse peut-être à désirer.

Ils savent tout de vous, Iain Levison, 2015.

Publicités