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couvluciedreyfusL’affaire Dreyfus est un sujet sur lequel maints ouvrages ont été écrits. Elisabeth Weissman le reconnaît en introduction, mais elle précise aussi que l’épouse du capitaine n’a guère été mise à l’honneur. S’appuyant sur des documents personnels, comme sa correspondance avec Hélène Naville, elle cherche à proposer un nouvel éclairage sur l’affaire qui a ébranlé la République naissante, celui des gender studies.

Le projet est de prime abord intéressant, d’autant plus que le livre s’ouvre sur des reproductions de lettres écrites par Lucie Dreyfus. Toutefois, au bout de quelques pages, deux éléments viennent réfréner l’enthousiasme. Le texte, dans un premier temps, est plombé par des justifications très nombreuses de l’auteur, qui semble craindre que le lecteur ne la suive pas. Ces interventions créent comme une pesanteur et ralentissent la lecture.

Le deuxième bémol est que, au fil de ces quelque trois cents pages, il est surtout question d’Alfred, de ses procès, de ses conditions de détention, et ainsi Lucie passe souvent au second plan. Certes son soutien indéfectible, habilement resitué dans le contexte de la Belle Epoque, est mis en exergue, mais l’essentiel de l’ouvrage revient à raconter une affaire qui a déjà été décrite par d’autres. Le plus étrange est d’ailleurs que, pour faire le récit des différentes étapes de l’affaire Dreyfus, Elisabeth Weissman emprunte beaucoup à d’autres auteurs, qu’elle cite fréquemment, comme Joseph Reinach par exemple.

Le destin de Lucie Dreyfus est assez exceptionnel, car il est lié à celui de son époux. Mais il n’est pas certain qu’il fut assez riche pour nourrir un ouvrage entier, sans répéter une histoire qui a été narrée à de nombreuses occasions.

Lucie Dreyfus. La femme du capitaine, Elisabeth Weissman, 2015.

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