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couvgensdanslenveloppeA partir d’un ensemble de photos de famille, achetées à un brocanteur, Isabelle Monnin entame un projet double.

Retenant d’abord quelques uns des clichés, où figurent les mêmes personnes, elle imagine leur histoire. Une enfant et une poignée d’adultes, qu’elle identifie comme ses parents et ses grand-parents. Elle invente l’enfance de Laurence, construite autour d’une attente, celle de sa mère, partie en Argentine. Puis elle écrit le point de vue des adultes, leur attachement à Laurence et leurs espoirs brisés. Car le destin réservé par Isabelle Monnin aux personnages qu’elle a créés est particulièrement sombre et triste.  L’intrigue se déroule sur une vingtaine d’années, en quelque deux cents pages qui collent efficacement le cafard.

Ensuite vient l’enquête. Isabelle Monnin s’est en effet mis tête de retrouver les personnes représentées sur les photographies qu’elle a achetées. Et elle y parvient, découvrant évidemment que leur vie n’a pas été celle qu’elle avait imaginée. Une coïncidence cependant, celle du prénom de l’enfant, qui est bel et bien Laurence.

De cet ouvrage qui a reçu un accueil assez positif, j’ai été déçue. Compte-tenu de son propos singulier, il est étonnant qu’il ait été retenu dans la catégorie « romans » du Prix ELLE des lectrices. C’est d’autant plus surprenant que la partie fictionnelle n’est pas la plus intéressante. Le pessimisme qui se dégage de cette histoire la rend difficile à apprécier. En revanche, l’enquête réussit à éveiller la curiosité du lecteur. Le ton et le style sont plus plaisants. Quant aux chansons, je ne vois pas bien ce qu’elles apportent de plus au projet.

Si l’idée à l’origine de cet ouvrage peut être attractive, le résultat manque de cohérence. Les différents éléments qui constituent le livre ne fonctionnent que partiellement ensemble, et la couverture ne le sert pas vraiment.

Les gens dans l’enveloppe, Isabelle Monnin, 2015.

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