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couvinterressantsPour oublier son chagrin, lié au décès de son père, Julie Jacobson est envoyée passer l’été au camp de Spirit-in-the-Woods. Elle fait la connaissance de quatre adolescents new-yorkais avec lesquels elle se lie d’amitié. Des affres de l’âge ingrat aux inquiétudes de la maturité, en passant par les soucis de l’âge adulte, le lecteur est plongé dans le récit de quarante ans de relations plus ou moins suivies entre ceux qui se baptisèrent, à Spirit-in-the-Woods, « les Intéressants ».

Ce genre de roman, très long à la fois par la durée sur laquelle se construit le récit et par le nombre de pages, est une sorte de spécialité de la littérature américaine. L’auteur y trace à grands traits les mésaventures d’un groupe de personnes, souvent des amis, parfois une même famille. Comme le temps du récit est très long, il est difficile de vraiment saisir qui sont les personnages et comment ils évoluent au fil des années et des expériences. Les Intéressants n’échappent pas à la règle. On ne parvient pas à s’attacher aux personnages, même à « Jules » qui semble pourtant au centre de l’intrigue. L’amitié qu’elle entretient avec Ash, ou même avec Ethan, paraît de pure forme. On ne comprend pas réellement comment elle peut résister au temps qui passe. Et pourtant le récit laisse une part importante aux réflexions psychologisantes de personnages qui ne cessent de se torturer l’esprit, notamment en raison de jalousies récurrentes.

L’omniprésence de la maladie (cancer, sida, dépression….) dans le récit est troublante, mais on ne saisit pas bien le sens de ce choix. Le roman est comme plombé par toutes ces références. Quelle leçon tirer de cette déferlante de maux ? L’intrigue se construit par ailleurs dans un contexte mal défini. Les différentes époques traversées sont vaguement caractérisées. Les événements liés aux attentats de septembre 2001 sont évoqués, mais sans que cela vienne enrichir le propos. En somme le récit se déroule, page après page, sans que le lecteur sache où on veut en venir. Et quand la dernière page est tournée,  il ne lui reste guère qu’une impression de frustration.

Les Intéressants ne sont pas parvenus à me réconcilier avec un type de roman qui m’avait déçue à plusieurs occasions auparavant. Le « palpitant » du bandeau semble m’avoir largement échappé.

Les Intéressants, Meg Wolitzer, 2013.

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