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couvtribulationscuisiniereAprès une exploration de la vie de duchesse, en compagnie de Deborah Devonshire, voici un petit tableau du quotidien d’une femme qui aurait pu la servir.  Margaret Powell, née Langley, est « entrée en condition » par nécessité à la fin des années 1920. N’ayant aucune qualité particulière, elle devient fille de cuisine. Plutôt dégourdie et poussée par un brin d’ambition, elle se fait rapidement embaucher en tant que cuisinière. A la fin des années 1960, désormais mariée et mère de famille, elle a quitté le métier de domestique et rédige ce témoignage.

Dans ce récit, Margaret Powell ne se contente pas de décrire le quotidien des gens de maison. Elle s’intéresse à leurs relations avec les « ceux d’en haut », montre combien les conditions de travail ont évolué au cours de la première partie du XXe siècle et ne se prive pas de commentaires. Margaret Powell n’est pas de ceux qui plient l’échine devant les patrons. Bonne élève, elle aurait aimé devenir institutrice, mais ses parents n’ont pas eu les moyens de la laisser poursuivre ses études. Quoique fille de cuisine, elle continue de lire et garde un regard critique sur ses collègues domestiques autant que sur ses employeurs.

L’éditeur met en avant le fait que ce récit a nourri la réflexion de scénaristes, comme ceux de la série Downton Abbey ou du film Gosford Park. On retrouve en effet certaines réactions ou certains traits de caractère des personnages les moins serviles de ces fictions. Toutefois ce témoignage m’a davantage intéressée que la série car il est dénué des afféteries romanesques, parfois outrées et un peu longues. Il n’est pas certain que l’aspect plus terre à terre du récit plaise aux inconditionnels de la famille Grantham.

Les tribulations d’une cuisinière anglaise (Below Stairs), Margaret Powell, 1968.

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