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couvpasseurdelumiereC’est un destin peu ordinaire que celui de Nivard de Chassepierre. Quand meurt son père, sur le chemin qui le ramène de croisade, sa famille est chassée de ses terres et Nivard entre en apprentissage chez maître François, un des plus habiles orfèvres de Huy. A son chef d’oeuvre manque une pierre, qu’il sait pouvoir trouver en Orient. Grâce au chevalier Rosal de Sainte-Croix, il peut entreprendre ce voyage vers le Levant, et surtout il découvre l’art du vitrail. De Chartres à la Syrie, en passant par Augsbourg, Nivard se passionne autant pour la fabrication du verre que pour la réalisation des vitraux. Son apprentissage, comme sa vie, sont ponctués d’étonnantes rencontres, de bonheurs et de désillusions.

Voici un roman qui, par bien des aspects, fait figure de roman d’apprentissage. C’est à la fois ce qui fait son charme et ce qui le rend un peu prévisible. Les techniques verrières et le contexte historique (la première moitié du XIIe siècle) sont évoqués avec une minutie teintée de poésie. Les personnages illustres ou fictifs sont campés aussi simplement qu’efficacement. L’abbé Suger est ainsi introduit : « Le personnage est redouté et redoutable. Il est foncé de cheveux, froncé de sourcils, fonceur de physionomie. Tout chez lui est détermination et froideur. »

L’histoire d’amour, contrariée cela va sans dire, ne nous est pas épargnée. Mais ce qui pèse un peu, dans le récit, est la somme de malheurs auxquels est confronté Nivard. On aimerait autant que soient développées les descriptions de ses travaux dans les cathédrales du royaume de France comme dans les abbayes des contrées germaniques. Le sort semble s’acharner outre mesure sur le personnage central, ce qui ajoute une forme de mysticisme un peu crispant par moment. Hormis ce bémol, Le passeur de lumière reste un roman passionnant, écrit d’une plume délicate.

Le passeur de lumière. Nivard de Chassepierre maître verrier, Bernard Tirtiaux, 1993.

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