Mots-clefs

, ,

couvconfiteorCe roman a glané une foule de louanges, chez les critiques traditionnels comme chez mes camarades blogueurs. J’étais donc à la fois curieuse et inquiète d’aborder sa lecture, car les succès de ce genre ont tendance à ne guère me plaire.

Fils unique, Adrià expérimente douloureusement l’adage : « on ne choisit pas sa famille ». Ses parents le poussent à se surpasser, l’un dans l’apprentissage des langues, l’autre dans la pratique du violon, sans vraiment l’aimer. Enfant docile, soucieux de faire plaisir, Adrià déchante à la mort de son père, lorsque, peu à peu, émergent de sombres secrets. Le violon qui fait la fierté de son père, tout comme ses collections d’oeuvres d’art et même sa fortune, ont été pour l’essentiel mal acquis. Ses premières amours sont instrumentalisées. Face à ces révélations, Adrià ne peut guère compter, pour le soutenir, que sur son ami Bernat (sans oublier ses compagnons imaginaires, deux figurines de cow-boy et d’indien). C’est à lui qu’il confie, quand il sent sa mémoire lui faire défaut, le récit de sa vie, où se mêlent destin personnel et histoire collective.

Ce roman avait, en théorie, maintes raisons de satisfaire mes attentes de lectrice. L’intrigue autant que le contexte historique, l’intérêt du personnage principal pour les livres comme pour la musique, auraient dû rendre cette lecture particulièrement agréable. La déception fut donc de taille.

Le récit m’a paru trop long, trop alambiqué, trop grandiloquent, de telle sorte que l’intérêt se relâche peu à peu. Les ressorts historiques de l’intrigue manquent peut-être de subtilité, en particulier lorsqu’il est question de l’Inquisition. Les références au nazisme ont un goût de déjà-vu. Et, surtout, le personnage d’Adrià est trop falot pour être sympathique. Son fatalisme, sa candeur confinent à la bêtise. Amoureux, il devient crispant tant il est naïf.

Une fois encore, un roman encensé de toutes parts me laisse sur ma faim.

Confiteor, Jaume Cabré, 2013.

Publicités