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couvhonneurdesartineCommençons l’année avec un billet sur le roman qui m’a permis d’entrer dans ces vacances. Après une période de travail intense, retrouver des personnages et un univers bien connus s’est révélé très reposant.

Le neuvième volume de la série « Les enquêtes de Nicolas Le Floch » s’ouvre en juin 1780. Dans les premières chaleurs de l’été qui s’annonce, le commissaire aux affaires extraordinaires court, comme à son habitude, plusieurs lièvres à la fois. D’un côté, l’effondrement progressif du cimetière des Innocents provoque force désagréments chez les riverains et alimente l’agitation populaire. Et de l’autre, surtout, le décès d’un contrôleur général de la marine met le gouvernement sur des charbons ardents. Le défunt avait en sa possession un document susceptible de mettre sens dessus dessous le ministère de la marine, et de nuire au détenteur du portefeuille, Gabriel  Sartine. Les détracteurs du ministre, parmi lesquels Necker ou les espions anglais, autant que ses soutiens rivalisent d’ingéniosité et d’influence pour retrouver au plus vite ledit document. Nicolas Le Floch, premier d’entre les fidèles, ne ménage pas sa peine pour sortir son ancien chef des ennuis.

L’enquête est, comme très souvent dans cette série de romans, bien ficelée, mêlant intérêts personnels et raison d’Etat. Les retrouvailles avec les personnages récurrents sont plaisantes, d’autant que leur état d’esprit évolue à mesure qu’ils prennent de l’âge et que les temps changent. Nicolas Le Floch porte bien la quarantaine, qui le rend plus réfléchi encore, plus sage, voire plus politique dans ses relations avec la cour. Plus sombre dans cet épisode, il semble refléter davantage les préoccupations croissant dans la société de son époque.

Le lecteur se délecte une fois encore du style de l’auteur ainsi que de son intérêt pour la gastronomie du XVIIIe siècle ou pour les évolutions urbaines. L’honneur de Sartine est une de ces lectures aussi réconfortantes que revigorantes pour l’esprit : on y retrouve des personnages bien connus et une atmosphère propre à une série, mais on se laisse aussi emporter dans une intrigue à même de titiller la curiosité et dans une exploration du Paris de 1780.

L’honneur de Sartine, Jean-François Parot, 2010.

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