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couvlamaisonduprofesseurProfesseur dans une université proche du lac Michigan, Godfrey St Peter est à l’apogée de sa carrière. Une publication lui a notamment rapporté une rondelette somme d’argent, investie dans la construction d’une maison. Il lui faut désormais déménager, s’installer dans cette demeure plus vaste et plus confortable. Mais il lui est pénible de quitter la maison qu’il a louée pendant vingt ans, celle où il a vu grandir ses filles, celle où se trouve son bureau sous les combles. St Peter décide donc de continuer à venir travailler dans son ancienne maison. Le calme qui y règne, la vue sur le jardin, les souvenirs qui occupent chaque recoin du bureau le conduisent à faire le point sur sa vie, et en particulier sur le rôle qu’y a joué un brillant étudiant.

Déniché lors du Salon du Livre parmi les pépites des éditions Payot, ce roman m’a permis de découvrir Willa Cather. Comparée en quatrième de couverture à ses contemporaines (Virginia Woolf et Edith Wharton), l’auteur propose en effet un regard de femme sur la société américaine des années 1920, ses préoccupations et ses contradictions. Si Les New-Yorkaises d’Edith Wharton ne m’avaient pas vraiment convaincue,  le professeur de Willa Cather a fait mouche. Le personnage principal, un peu désorienté par le changement de domicile, mène une réflexion difficile à la croisée des chemins. Il a conscience qu’une époque s’achève, mais il peine à envisager l’avenir, loin du bureau où il a travaillé de longues années à l’histoire des aventuriers espagnols. Il trouve de plus en plus péniblement sa place aux côtés de son épouse et de ses filles, n’aspire qu’à regagner son havre de paix sous les toits. Si habile face à ses étudiants, St Peter adopte volontiers le silence lorsqu’il se sent incapable d’exprimer ses incompréhensions et ses attentes en société. Dans un style très sobre, Willa Cather parvient à tenir son lecteur son haleine au cours de ce récit introspectif. Les personnages secondaires, et en particulier celui de Tom Outland, sont suffisamment complexes pour donner du relief à l’intrigue. L’atmosphère pesante de l’après-guerre et le poids des règles sociales ajoutent un zeste de drame. Comme l’avait anticipé le libraire des éditions Payot, ce roman n’est qu’un premier pas dans l’exploration de la bibliographie de Willa Cather.

La maison du professeur, Willa Cather, 1925.

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