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expositionaugusteempereurPour bien débuter les vacances, rien de tel qu’une belle exposition. Cette fois, j’ai parié sur le Grand Palais et son hommage à Auguste, premier empereur romain, dont on fête cette année le bimillénaire de la mort.

A peine entré, le spectateur ne peut qu’être subjugué par une des plus belles statues d’Auguste, celle dite de Prima Porta. Bien que je l’aie étudiée à maintes occasions avec les élèves, difficile de ne pas rester de longues minutes à admirer cette magnifique et imposante sculpture. Splendide introduction, qui laisse espérer une visite extraordinaire.

L’exposition est présentée ensuite de manière chronologique et thématique. Le contexte historique est rappelé de manière succincte, mais toujours avec une grande clarté. Après la frise chronologique de l’introduction, la première partie est consacrée à l’arrivée d’Octave au pouvoir, dans le cadre des guerres civiles qui suivent l’assassinat de Jules César. Les questions de la succession liée à l’adoption d’Octave par César, puis la formation et la rupture du triumvirat sont expliqués, et illustrés par des oeuvres diverses, notamment des monnaies et des bustes. Une des perles de cette section est sans conteste une frise dont les morceaux, éparpillés dans divers musées européens (Budapest, Cordoue, Séville), ont été rassemblés au Grand Palais : elle évoque en particulier la bataille d’Actium.

Le visiteur découvre ensuite dans le régime augustéen, avec sa propagande intelligemment organisé (grâce, surtout, à un programme statuaire très contrôlé), ses jeux dynastiques (mariages, adoptions…). L’image de celui auquel le Sénat a décerné le titre d’Augustus est véhiculée sur des supports publics (statues, monnaies…) tout autant que privés (de somptueux camées, par exemple).

Puis vient la visite de Rome, dont la légende raconte qu’Auguste l’a trouvée de briques à son arrivée au pouvoir et l’a laissée de marbre à sa mort. Les constructions et les aménagements urbains dus au premier empereur sont présentés avec précision. L’Ara Pacis, le forum de César puis celui d’Auguste sont évoqués, de même que la maison du princeps sur le Palatin, ou le théâtre de Marcellus.

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Frise en marbre de Carrare, la bataille d’Actium

A l’étage l’exposition se poursuit avec l’évocation des évolutions artistiques sous le règne d’Auguste, en particulier avec des emprunts à la Grèce.  Les artistes romains s’inspirent des oeuvres grecques, puisent dans les différents registres et époques pour créer un style nouveau, où se mêlent tous ces éléments un peu disparates.

Sous le premier empereur romain, on entre dans une période de paix, propice à l’enrichissement d’une partie de la société. C’est ainsi l’occasion d’évoquer les splendeurs des intérieurs romains. Le travail du verre et des métaux, comme la peinture, sont évoqués grâce à de multiples objets. L’argenterie issue du trésor de Boscoreale est tout particulièrement extraordinaire. Puis est proposée une revue des provinces à l’époque augustéenne, où la Gaule tient une place de choix (avec Arles et Glanum).

L’exposition s’achève comme elle a débuté, sur d’imposantes statues, dont celle de Livie en prêtresse du culte officiel dédié à un Auguste divinisé.

La scénographie d’une grande sobriété, les textes explicatifs aussi précis que clairs et le calme relatif de l’ouverture m’ont rendu cette visite très agréable. L’exposition est très riche et rassemble avec intelligence des oeuvres venues de toute l’Europe. Elle saura séduire un public béotien tout autant que les amateurs d’Antiquité romaine. Une invitation au voyage autant qu’une incitation à se replonger dans les Vies des douze Césars ou dans Cinna, de Corneille.

Moi, Auguste, empereur de Rome…, Grand Palais, 19 mars – 13 juillet 2014.

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