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couvdouzetribusdhattieLorsqu’elle arrive à Philadelphie, en 1923, Hattie n’est pas bien vieille. Avec sa mère et ses soeurs, elle a quitté sa Georgie natale pour échapper aux pesanteurs du Sud et à la ségrégation. Ses espoirs et ses rêves se diluent rapidement dans son quotidien d’épouse et de mère. Onze enfants et une petite-fille l’occupent à plein temps, auxquels s’ajoutent un époux et, parfois, un amant. C’est au travers des portraits de ses douze rejetons que s’écrit l’histoire d’Hattie, de 1925 à 1980.

Dans ce premier roman, le lecteur découvre non seulement des personnages aux profils très variés, mais aussi, en pointillés, un tableau de la société américaine. Le racisme persistant dans le Sud, l’importance de la religion qui laisse espérer un monde meilleur, la pauvreté, voire la misère, le mal d’enfants, la persistance de superstitions anciennes, la folie sont autant de thèmes abordés au fil des pages. Chaque portrait est ancré en un lieu précis, peuplé de personnages secondaires qui sont plus que des faire-valoir. Et en arrière-plan se dessine toujours la silhouette d’Hattie, tantôt menaçante, tantôt protectrice. Le propos du roman est magnifiquement servi par une écriture très sobre, toute en retenue, à l’image de l’héroïne.

Merci, Christine, de m’avoir permis de passer un excellent moment en compagnie des tribus d’Hattie.

Les douze tribus d’Hattie, Ayana Mathis, 2012.

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