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couvlesvieillesA l’heure de la retraite, Nicole quitte Moisy pour s’installer à Le Trou. Etrange itinéraire, qui peut s’expliquer par la promesse de trois cent soixante jours de beau temps par an. A peine arrivée, elle invite ses voisines et son unique voisin. Elle veut lier connaissance, se faire des amies. Et elle découvre ainsi le sémillant Pierre Martin, qui s’entraîne quotidiennement pour le marathon de Londres. Et puis Mme Rousse, qui écoute la télévision très fort et reçoit chaque semaine pour le thé. Et encore Lucette, qui n’en peut plus de tous les téléphones, de plus en plus gros et débilitants, que son fils lui impose. Et Mme Chiffe, inconditionnelle des messes du père Catelan. Et Mme Rouby, qui vit cloîtrée dans sa propre maison par peur des cambrioleurs. La vie bien ordonnée, bien huilée, de ces vieilles dames est bousculée par l’arrivée de Nicole, une « jeunesse » de soixante ans, et bien plus encore par l’annonce d’une catastrophe imminente.

Quelle galerie de personnages si joliment caricaturés ! On s’amuse beaucoup à découvrir toutes ces dames et leurs lubies respectives, tous leurs petits travers et leurs petites angoisses. Les maris ne sont pas reste : ils apparaissent en creux, par leur absence, qu’elle soit une douleur permanente ou un soulagement. Et quand vient l’annonce de la catastrophe, l’intrigue semble s’affoler, perdre le Nord autant que les mamies. Ce drôle de roman farfelu, tantôt incisif tantôt compatissant, ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais il m’a fait sourire à bien des occasions.

Un bon moment, en somme, qu’il m’a semblé opportun de présenter à la veille de la Fête des Grands-mères. Bonne fête à toutes les mamies !

Les vieilles, Pascale Gautier, 2010.

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