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couvfakirPrenez un fakir fraichement débarqué en France pour s’offrir un lit à clous. Ajoutez un caricatural chauffeur de taxi gitan, une pincée de drague à la cafétéria et un faux billet de cent euros. Jetez le tout dans une armoire Ikea sous un prétexte un peu grossier, et envoyez le outre-Manche. Puis faites passer, en un temps record, votre fakir en chaussettes sur l’autre rive de la Méditerranée et ramenez le dans l’Union européenne pour un happy end aussi prévisible que ridicule.

Cette recette au titre invraisemblable a visiblement plu à bien des lecteurs. Je n’ai pas la chance d’être de ceux qui se sont laissés prendre par une histoire rocambolesque à l’extrême. La galerie de personnages rassemble plus de caricatures qu’on ne peut espérer en trouver dans un seul roman. Le ton se veut humoristique, mais pour un peu, on entendrait les rires enregistrés des sitcoms des années 1980, ou le roulement de batterie des stands-up à l’américaine. La présentation du roman est prétendument sans prétention, mais fleure le trop plein de modestie potache qui a finalement un effet inverse de celui attendu.

Il n’est pas nécessaire de développer davantage ce billet. Je regrette rarement d’avoir ouvert un livre, mais celui-ci pourrait faire figure d’exception. Comme l’écrit si justement Sandrion, on a l’impression d’avoir un contre-exemple raté du petit bijou qu’est Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puértolas, 2013.

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