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couvarmoiredesrobesoublieesQuand elle regarde derrière elle, Elsa peut contempler une vie riche en succès, familiaux comme professionnels. Aujourd’hui cependant, elle sait que tout va bientôt prendre fin. Malade, elle entend profiter pleinement de ses derniers jours. Mais, à l’occasion de retrouvailles avec un de leurs passe-temps d’enfance, sa petite-fille, la si sensible Anna, découvre qu’un drame a autrefois entaché un mariage qu’elle pensait parfaitement heureux. Pour se déguiser comme naguère, la jeune femme revêt une robe qui appartint, voilà bien longtemps, à  Eeva. Un pan entier du passé familial refait surface. Les protagonistes du drame d’hier revivent ces instants douloureux, tandis qu’Anna cherche à comprendre ce que ses grands-parents et sa mère ont cherché à oublier.

Croisé à maintes reprises sur les blogs, ce roman avait fini par susciter ma curiosité. Et c’est pleine d’espoir que j’ai fait connaissance avec Elsa, Anna et Eeva. La première partie de l’intrigue, avec la découverte du mystère, la mise en place de la situation dramatique et l’introduction des personnages, a fait mouche. L’atmosphère mélancolique liée à la maladie d’Elsa comme au caractère d’Anna est plus que séduisante. Le lecteur se laisse délicatement emporter dans une histoire aussi touchante qu’intrigante. Puis le ton se fait plus pathétique, à mesure que le sort d’Eeava semble se sceller. Et le charme opère moins. Apparaissent des longueurs dans le récit, et un peu de lassitude chez le lecteur. Quant au dénouement, il est très prévisible. L’originalité de la première partie du roman s’étiole pour laisser la place à des péripéties somme toute assez banales. Si les personnages d’Elsa et d’Anna, mais aussi de Martti, sont assez complexes pour être intéressants, le cours suivi par l’intrigue m’a semblé décevant. Une fois encore, j’ai sans doute trop attendu d’un roman encensé par la critique comme par les blogueuses. L’Armoire des robes oubliées (pourquoi un pluriel, d’ailleurs ?) saura plaire aux amateurs de belles histoires d’amour qui finissent mal, à ceux et celles qui apprécient de lire une boîte de mouchoirs à portée de main.

L’Armoire des robes oubliées, Riikka Pulkkinen, 2010.

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