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couvpontdesassassinsToujours dans la veine des lectures vénitiennes, voici un épisode des aventures du capitaine Alatriste. Sans avoir lu aucun des romans (six, tout de même) qui précèdent Le Pont des Assassins, sans avoir vu (ni même entendu parler avant la rédaction de ce billet) l’adaptation cinématographique, j’ai lâchement ajouté ce roman à ma PAL pour sa couverture (la Salute sous la neige, ce qui est un peu étrange car sa construction a été décidée trois ans après les faits de l’intrigue…) et pour l’époque (le si fascinant XVIIe siècle).

A la veille de l’hiver 1627, le capitaine Diego Alatriste et son fidèle lieutenant Inigo Balboa (le narrateur) débarquent à Naples après une rude expédition contre la Sublime Porte. Sur le quai même, ils sont accostés par un messager chargé de les conduire vers leur nouvelle mission : l’assassinat du doge vénitien. Prévu le soir de Noël, cet attentat plus que risqué nécessite de prendre moult précautions et entraîne d’étranges appariements au sein des conjurés.

En un peu plus de trois cents pages, Arturo Perez-Reverte propose un roman de cape et d’épée plus que convaincant. Les personnages font plus vrais que nature, et ils sont dépeints avec suffisamment de soin pour qu’on s’attache à eux, même sans avoir lu leurs précédentes aventures. Les secrets de la conjuration, les querelles d’honneur, les imbroglios diplomatiques, rien n’est laissé au hasard. Si l’intrigue se dévide avec une relative lenteur, les pages se tournent facilement en raison de la minutie mise dans la reconstitution du contexte, tant grâce aux nombreuses références historiques qu’aux descriptions majestueuses de la Sérénissime. On trouve dans ce roman comme un petit air, fort sympathique, des Trois Mousquetaires. Un bémol néanmoins : quelques répliques de dialogue se font en italien ou en espagnol, sans qu’aucune traduction soit proposée en note de bas de page, comme il est d’usage. C’est fort dommage, et très frustrant, quand on ne maîtrise pas ces langues…

Cette première incursion dans l’univers du capitaine Alatriste a été suffisamment agréable pour que j’envisage d’explorer d’autres de ses aventures, et peut-être de visionner le film avec Viggo Mortensen s’il venait à croiser mon chemin.

Le Pont des Assassins, Arturo Perez-Reverte, 2012.

Emmaüs

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