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couvpavillondorAu programme du mois de septembre dans le Challenge Ecrivains japonais figure une sommité de la littérature nippone, Yukio Mishima. Si le nom m’était connu, de même que la renommée de l’auteur, je ne m’étais encore jamais frottée à son oeuvre. Mon choix a été rapidement fait quant au titre : Le Pavillon d’Or, présenté comme son chef d’oeuvre, s’est imposé de lui-même.

Dans les derniers feux de la Seconde Guerre mondiale, un jeune collégien, fils de bonze, découvre le Pavillon d’Or. Son père, quoiqu’affaibli par la maladie, le conduit jusquà Kyoto pour lui faire admirer l’édifice qui, à ses yeux, est synonyme de Beauté. Il profite du voyage pour recommander son enfant au Prieur du temple. Quand son père s’éteint, le jeune homme est admis au sein du temple Rokuonji. Une relation étrange se noue alors entre le novice et le Pavillon d’Or, entre admiration et obsession. Entre ses tâches pour le temple, ses études et les amitiés qu’il réussit à bâtir, le jeune homme revient sans cesse au Pavillon. Facilement influençable, souvent enclin à agir aux dépens de la bienséance et de la morale, il bascule lentement, s’éloignant peu à peu de la promesse d’une belle carrière jusqu’à commettre un acte irréparable.

L’entrée dans ce roman fut laborieuse. Le personnage central est particulièrement peu sympathique, et ses préoccupations difficiles à cerner. Si sa passion pour le Pavillon d’Or prend des formes intéressantes (notamment dans ses relations avec les femmes) et donne lieu à quelques passages qu’on lit avec plaisir, la folie qui le tenaille, et qui prend une place croissante à mesure que l’intrigue avance, s’est révélée un obstacle de taille. Ce thème est un de ceux qui ont tendance à me rebuter (comme ce fut le cas avec Kenzaburô Ôé). Le fait divers qui a inspiré l’auteur étant connu, le dénouement de l’intrigue n’était pas une surprise, et cela a largement contribué à diminuer mon intérêt. Fort heureusement, de loin en loin, ont surgi de jolies pépites, comme l’intérêt de Kashiwagi pour la musique, qui n’est belle qu’en raison de son caractère éphémère. Le poids de la tradition et des règles sur une société bouleversée par la guerre est traité avec subtilité.

Ce monument de la littérature japonaise n’est malheureusement pas parvenu à me séduire, mais il a fait naître une furieuse envie de visiter le Pavillon d’Or.

Kinkaku-ji_01Le Pavillon d’Or, Yukio Mishima, 1956.

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