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couvmadamehemingwayDerrière les grands écrivains se cachent souvent une, si ce n’est plusieurs femmes. Ernest Hemingway ne fait pas exception à la règle : il épouse, en 1921, une jeune femme dont il a fait la connaissance chez des amis. Hadley Richardson a sacrifié une partie de sa jeunesse pour s’occuper de sa mère. Elle vient de recouvrer sa liberté quand elle tombe sous le charme d’Hemingway. A ses côtés, elle s’embarque pour une vie de bohème à Paris. Soutenant son époux, malgré ses mouvements d’humeurs, dans ses projets littéraires comme dans ses passions (la tauromachie, qui les conduit à plusieurs voyages en Espagne, par exemple), elle est amenée à côtoyer les artistes expatriés qui forment une petite société à part. Parmi ces écrivains, éditeurs, journalistes, les amitiés comme les couples se font et se défont. Et celui des Hemingway résiste comme il peut aux excès et aux tentations.

Ce roman à la couverture très élégante, et au titre si littérairement connoté, est arrivé dans ma PAL grâce au SWAP de printemps. Les vacances lui ont permis d’en sortir rapidement.

Son intrigue, nourrie de l’histoire vraie du couple Hemingway, fait la part belle aux anecdotes cueillies patiemment par un auteur qui semble avoir mené un minutieux travail de recherches. Elle n’en demeure pas moins une fiction, où les intentions des personnages, leurs impressions comme leurs sentiments, sont largement enrichis et embellis. Le Paris des années 1920, animé par une nuée d’artistes américains, est présenté par une Américaine qui n’en perçoit que des bribes et s’inquiète peu du contexte historique. Ce point de vue offre comme un tableau déformé de l’époque. Mon esprit d’historienne a goûté cet aspect du roman.

Le personnage d’Hadley Hemingway m’a beaucoup moins emballée. Ses atermoiements, ses maladresses et les oeillères qu’elle s’obstine à garder dans la dernière partie du roman finissent par agacer. On finirait presque par soutenir Hemingway, dont l’attitude reste néanmoins plus que contestable. Le dénouement ne surprend guère, mais il reste touchant.

Madame Hemingway se prête bien à une lecture de vacances. Mais on se plongera plus volontiers dans l’oeuvre d’Ernest, en particulier dans Le Soleil se lève aussi dont la genèse est présentée ici, si l’on souhaite se mettre sous la dent un texte plus solide.

Madame Hemingway, Paula McLain, 2011.

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