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couvjeunefillesupplicieeL’auteur proposé ce mois-ci pour le challenge Ecrivains japonais me disait bien quelque chose. En reprenant mes carnets de lecture, je me suis aperçue qu’un de ses romans était déjà passé entre mes mains : il s’agit de Voyage vers les étoiles. Après étude des titres disponibles à la médiathèque, mon choix, pour cette seconde incursion dans la bibliographie de l’auteur, s’est arrêté sur un recueil rassemblant deux récits indépendants.

Dans le premier, qui donne son titre à l’ouvrage, une jeune fille de seize ans vient de mourir. Ses parents, très pauvres, vendent son corps à un hôpital universitaire, où chaque élément utilisable à des fins thérapeutiques ou pédagogiques est prélevé. Le plus étonnant, c’est que l’histoire est narrée par la jeune fille elle-même. De sa mort à l’arrivée de son urne funéraire dans le funérarium, elle décrit les différentes transformations subies par son corps, les personnes qui s’en chargent à l’hôpital. Dès les premières pages, les similitudes avec « Un spécimen transparent » ont été très nettes. On trouve d’ailleurs dans les deux textes un personnage obsédé par la préparation d’un squelette d’étude parfait. Le ton aussi est très proche. Le point de vue est modifié : dans un cas, c’est un des employés de l’hôpital qui s’exprime, et dans l’autre, c’est une « patiente ». Cette approche de la mort, quoique déstabilisante, est présentée avec candeur et poésie.

Le second récit, intitulé « Le Sourire des pierres », met en scène les retrouvailles de deux camarades d’enfance, qui s’étaient perdu de vue après que l’un des deux est devenu orphelin. Eichi vit avec sa soeur, dans le quartier de son enfance, aux portes d’un cimetière. Sone s’installe dans une des pièces qu’ils louent, et vient ainsi troubler leur vie routinière. Il semble obsédé par la mort, a tenté de se suicider et fait commerce de statuettes dérobées sur des tombes abandonnées. En offrant l’une d’entre elles à la soeur d’Eichi, il unit leurs destins. C’est ici un texte plus mystique, qui s’intéresse non pas aux suites de la mort, mais à ce qui peut la précipiter.

Si la lecture de ce recueil a été plaisante, elle n’a ni vraiment complété ni modifié les impressions laissées par Voyage aux pays des étoiles. L’univers de l’auteur est étrange, le ton décalé. Bien qu’intéressant, il ne m’incite pas nécessairement à poursuivre son exploration.

La jeune fille suppliciée sur une étagère, Akira Yoshimura, 1959 et 1962.

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