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couvcartepourlenferCe mois-ci encore, le billet du challenge Ecrivains japonais paraît in extremis. Bien que le roman ait été lu depuis quelque temps, un petit séjour dans ma Champagne natale en a reculé la rédaction. De l’auteur, j’avais adoré La libraire Tanabe, et j’avais alors ajouté Une carte pour l’enfer dans ma PAL.

Blessé lors d’une intervention qui a mal tourné, l’inspecteur Honma est en convalescence. Il ne s’ennuie pas vraiment, mais il ne peut résister à la requête que lui présente un cousin de sa défunte épouse. La fiancée de celui-ci s’est volatilisée après que le jeune homme a découvert que, plusieurs années auparavant, elle a eu recours à une procédure de faillite personnelle. Loin d’en vouloir à sa dulcinée, il voudrait la retrouver et éclaircir les raisons qui l’ont poussée à disparaître. Très vite l’inspecteur Honma comprend que la jeune femme n’était pas celle qu’elle prétendait être. Son enquête lui fait alors découvrir, à l’échelle de la société nippone tout entière, les effets secondaires regrettables de la multiplication des cartes de crédit.

Après l’enthousiasme suscité par La librairie Tanabé, je craignais d’être déçue par cette seconde lecture. Mais ce roman policier m’a conquise. L’intrigue est savamment construite et se déroule à un rythme assez lent pour que les personnages puissent avoir le temps d’être présentés convenablement. Les faits ne se suffisent pas à eux-mêmes. L’ossature du roman repose autant sur l’enquête que sur ses protagonistes, Honma évidemment, mais aussi les personnages secondaires, comme son fils, son homme de ménage ou l’ami d’enfance de la jeune disparue.

Parue au début des années 1990, cette histoire met en exergue un des maux des années 1980 qui n’a pas véritablement disparu, à savoir l’endettement lié aux services de crédits. Le portrait de la société nippone brossé par l’auteur est loin d’être flatteur : elle met le doigt sur les dérives de la société moderne, où le paraître et la consommation immodérée tendent à devenir des marqueurs de réussite sociale. Le ton du roman est assez noir, même si pointent quelques lueurs d’optimisme.

Cette lecture a confirmé ma première impression sur l’auteur. Et son nom devrait figurer à nouveau dans ma PAL…

Une carte pour l’enfer, Miyuki Miyabe, 1992.

Récompensé par le prix Yamamoto, en 1992.

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