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couvjeudepistesVoici un roman qui a atterri dans ma PAL pour une raison des plus futiles : sa couverture ! La silhouette de Sherlock Holmes et le bric à brac de l’arrière-plan ont eu raison du peu de bon sens qui me reste dans une librairie. C’est à peine si j’ai parcouru la quatrième de couverture avant de le poser au fond de mon panier…

Damien March est américain, mais vit à Londres. La faute à un père amoureux du Royaume-Uni, qui a délocalisé toute sa petite famille outre-Atlantique. Employé par la BBC, fâché avec son écrivain de frère, séparé, Damien n’est pas vraiment heureux. Il n’en prend cependant réellement conscience qu’à l’annonce de la mort de son oncle Patrick, qui l’a choisi comme héritier principal. Cet héritage est une forme de cadeau empoisonné : une grande maison sur l’île d’Ionia, au large de Cape Cod, sans possibilité de transformations quelles qu’elles soient. Damien décide néanmoins de tenter sa chance et s’installe dans une demeure aussi excentrique que l’était son oncle. Deux tentatives de cambriolage, des rencontres hors du commun, une exploration de l’île et de son histoire,  et enfin la découverte d’un manuscrit inachevé rendent son séjour tout sauf ennuyeux. D’autant que les différents événements conduisent peu à peu Damien à mettre au jour un secret de famille.

Avec un titre pareil, on s’attend à une enquête, à des découvertes, à des indices révélés à un rythme échevelé. Rien de tel cependant dans ce roman, où le plus important est sans doute l’ambiance qui se met en place grâce à des souvenirs d’enfance, à des descriptions de lieux, de réunions familiales, de rencontres fortuites. On s’installe confortablement dans ce récit où les histoires de famille forment, à plusieurs niveaux différents, le coeur de l’affaire. Les relations entre père et fils, entre frères et soeurs occupent une large place. Tout conduit inéluctablement à la révélation d’un secret, qui n’est pas si mystérieux que cela si on lit attentivement le roman. La couverture m’avait fait espérer un peu plus de références à Sherlock Holmes, et j’avoue avoir été un peu déçue à ce sujet. Il n’en reste pas moins que j’ai malgré tout pris plaisir à cette lecture car le roman est bien construit. Le devenir du personnage principal tient le lecteur en haleine, le cadre de l’intrigue est aussi dépaysant qu’étrange. Des ingrédients idéaux pour entrer paisiblement dans les vacances.

Jeu de pistes, Marcel Theroux, 2001.

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