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couvbradshawvariationsLa Fête de la musique n’a lieu que demain, mais qu’importe, une association du mois anglais et du thème musical m’a semblé opportune, même si elle est légèrement en avance.

Chez les Bradshaw, on a opté pour une organisation peu ordinaire. Alors que madame quitte chaque jour le domicile familial pour aller travailler, monsieur reste à la maison pour veiller sur leur fille. C’est la promotion de Tonie à l’université qui les a convaincus. Thomas a donc démissionné pour se consacrer à leur fille Alexa, et à l’apprentissage du piano. Autour d’eux, leurs proches comprennent diversement ce choix, empêtrés qu’ils sont eux-mêmes dans leurs obligations et ennuis familiaux.

La vie de couple et ses petits sacrifices, l’éducation des enfants et ses compromis, le quotidien et ses désillusions sont au coeur de ce roman polyphonique. Si Thomas et Tonie sont les protagonistes principaux de ces variations, ils ne sont pas les seuls à prendre la parole. L’auteur propose d’autres points de vue, d’autres réflexions sur les relations entre hommes et femmes, entre parents et enfants. Adopter un chien, accueillir une camarade de classe de sa fille, décorer son home sweet home, trouver du temps pour se consacrer à ses loisirs, faire les boutiques pour acheter un manteau par un matin frisquet, être une « famille normale », telles sont les préoccupations des Bradshaw et des personnes qui gravitent autour d’eux. Comme à son habitude, Rachel Cusk n’est guère tendre avec ses personnages. Très introspectifs, ils sont une fois encore assez désabusés, conscients de leurs faiblesses, comme de celles de leurs conjoints ou de leurs parents. Dans cette middle-classe, plutôt aisée, chaque génération juge l’autre à l’aune de ses propres valeurs. Ils souhaiteraient se comprendre, peut-être même avoir de l’affection les uns pour les autres, mais les petits couacs d’hier pèsent lourd.

Si j’ai été déçue par Arlington Park, dont le ton était un peu trop pessimiste, ces Variations Bradshaw m’ont séduite. Une certaine tristesse, mâtinée de fatalisme, plane sur le roman, mais les personnages semblent moins résignés. Ils peinent à trouver le bonheur, mais ne désespèrent pas d’y arriver. Il est difficile de ne pas se sentir touché par ces réflexions sur le couple, par cette quête d’un équilibre personnel compatible avec celui de ses proches. Rachel Cusk rend compte, avec beaucoup de finesse, de la complexité des relations familiales.

The Bradshaw Variations, Rachel Cusk, 2009.

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