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couvmrharrisonElizabeth Gaskell est un de ces auteurs qui tiennent le haut du pavé dans la blogosphère. Si Nord et Sud ou Cranford me semblaient un tantinet ambitieux pour commencer, d’autant que je craignais, au vu des billets lus ici et là, de ne pas vraiment trouver mon bonheur, ce petit roman paraissait une bonne entrée en matière.

Un soir au coin du feu, Mr Harrison est pressé par un ami séjournant chez lui de raconter de quelle manière il a fait la conquête de sa jeune épouse. Il se soumet volontiers à l’exercice et offre à son hôte un récit circonstancié de cette rencontre. Tout frais diplômé de médecine, Mr Harrison a accepté de s’associer à un médecin plus âgé qui se propose de lui servir de mentor, tant dans le métier que dans l’apprentissage des us et coutumes des petites villes de province. En dépit des conseils, parfois mal compris, de son bon sens et de ses compétences professionnelles, le jeune homme se retrouve au coeur d’un imbroglio sentimentalo-médical. Il doit faire face aux indiscrétions et aux rumeurs, alors même qu’il rêve de se consacrer à l’élue de son coeur.

En quelque cent cinquante pages, Elizabeth Gaskell se fait fort de dépeindre la société des petites bourgades anglaises de son époque, celles même dont elle a fait l’expérience. La course au bon parti, l’obsession du « qu’en dira-t-on », les colportages d’informations plus ou moins erronées, la méfiance, mâtinée d’admiration, pour tout ce qui vient de la capitale, rien n’est oublié. Et son héros fait les frais de sa méconnaissance des règles d’un jeu parfois cruel.

Que les amateurs de happy end se rassurent, cette histoire est de celles qui finissent bien. Et c’est peut-être ce qui m’a gênée. Le débordement de bons sentiments et le dénouement cousu de fil blanc ont gâché le plaisir qu’avaient suscité les débuts de l’intrigue, où le réalisme des descriptions se teintait d’ironie. Ce qu’il manque le plus à ce roman, c’est de l’unité, de la cohérence. Passons sur le fait que le personnage principal change de prénom en cours de route, mais que le ton employé et la mise à distance du tableau de Duncombe se transforment à ce point est agaçant, et décevant. La publication en feuilleton de ce texte peut être une explication, mais elle ne console guère le lecteur contemporain.

La rencontre avec Elizabeth Gaskell s’avère donc mitigée : si l’évocation de la société anglaise du XIXe siècle est plaisante, le récit lui-même n’est pas à la hauteur des attentes. Les pavé de l’auteur ne feront vraisemblablement pas partie de mes priorités.

Les confessions de Mr Harrison, Elizabeth Gaskell, 1851.

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