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couvoltefaceCe titre ne faisait pas partie de mes priorités, mais, puisqu’il se trouvait à disposition dans la liseuse de la médiathèque et que les romans de Michael Connelly se laissent lire, il s’est imposé de lui-même.

Mickey Haller est avocat de la défense, et c’est une position qui lui convient parfaitement. Cependant, quand le procureur général lui propose de « passer de l’autre côté de l’allée » (i.e. celle qui sépare la défense et le ministère public dans un tribunal américain) pour mener l’accusation dans le (second) procès d’un tueur d’enfant, il hésite à peine. Il impose néanmoins ses conditions. Il demande ainsi à choisir ceux qui vont l’aider dans cette trouble affaire, à savoir son ex épouse, Maggie, et son demi-frère, l’inspecteur Harry Bosch. Condamné et emprisonné depuis vingt-quatre ans pour ce meurtre, Jason Jessup, est parvenu, grâce à un test ADN, à faire annuler le premier jugement. Mickey Haller et son équipe sont donc chargés de prouver qu’il est bel et bien l’auteur du crime. Face à eux se tiennent l’avocat Clive Royce, dit « l’astucieux », et un Jessup profitant de sa liberté retrouvée pour se livrer à d’étranges promenades nocturnes. Le défi est de taille pour Heller, qui pourtant ne doute pas du bien fondé de ses choix.

J’ai lu, voici quelques années déjà, plusieurs romans de Michael Connelly. Ni Harry Bosch ni Mickey Haller ne m’étaient donc inconnus. Lors d’un séjour à Londres, j’avais dévoré The Lincoln Lawyer  (La Défense Lincoln) en VO. Quelques unes des aventures de l’inspecteur Bosch sont aussi passées entre mes mains. D’ordinaire l’auteur garde bien distincts ses personnages, menant différentes séries de front. La particularité de ce roman se trouve donc d’abord dans l’association de ses deux personnages fétiches, même si Volte-Face est rattaché à la série « Lincoln Lawyer ». Un indice ne trompe pas à ce sujet : une partie des chapitres est rédigée à la première personne, et dans ce cas, c’est Haller qui s’exprime (comme toujours dans les romans de cette série). Les autres chapitres sont rédigés à la troisième personne, et là, Hieronymus Bosch est mis en avant. J’avoue que l’inverse m’eût arrangé, car l’inspecteur est un personnage plus intéressant que celui de l’avocat, et les intrigues dont il est le héros sont plus palpitantes.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que j’aie préféré la première moitié du roman, celle qui laisse davantage de place à l’enquête. La seconde se passe en effet beaucoup au tribunal, où la joute juridique dont les Américains ont le secret (dans les romans comme à la télévision) est à l’honneur. L’enquête d’Harry Bosch soulève sans cesse de nouvelles questions, à mesure qu’elle répond à de plus anciennes. La litanie des témoignages et des réactions des avocats comme du jury finit en revanche par lasser. L’intrigue est de bonne facture, comme c’est souvent le cas avec Michael Connelly. Elle est vraisemblable (ce qui rassurant car elle s’inspire de faits réels). Les personnages sont bien campés, et on prend plaisir à retrouver ceux qu’on a croisés dans d’autres histoires. Le dénouement réserve par ailleurs une surprise, dans le sens où il est incomplet. Cela suffit à donner envie de découvrir la prochaine enquête de l’inspecteur Bosch, The Drop, pas encore traduite en français. Mais c’est d’ailleurs plutôt une bonne chose, car cela m’encouragera à la lire en anglais et ainsi à échapper à une traduction souvent lourde, où les répétitions sont légion (le verbe « cornaquer » apparaît à quatre ou cinq occasions, comme s’il était d’usage courant en français).

Une lecture plutôt sympathique au final, rendue confortable par la liseuse bien plus légère que le pavé qu’est ce roman dans sa version papier.

Volte-Face, Michael Connelly, 2012.

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