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couvvieuxCe roman a déjà été l’objet de moult billets, lors de sa parution, puis de sa sortie en poche. Il ne m’avait alors pas vraiment fait envie, sans doute à cause de la couverture, assez criarde et ridicule. Mais c’était sans compter sur mon amie Gwenn, qui l’a adoré et a proposé de me le prêter.

Difficile de présenter Allan Karlsson, ce centenaire échappé de la maison de retraite en pantoufles, dont maints portraits ont été brossés sur les blogs de mes petits camarades. Pourtant l’homme vaut tout l’intérêt qu’on lui porte. Pour fuir la fête organisée en son honneur, l’intrépide vieillard enjambe la fenêtre et se précipite à la gare routière. Il saute dans le premier bus venu, embarquant au passage la valise qu’un drôle de lascar lui a confiée le temps de visiter les toilettes. Cette décision prise en dépit du bon sens ouvre la voie à une sorte de course-poursuite entre un vieil homme pas si déboussolé qu’on veut bien le dire et une bande de trafiquants. Pour l’aider (quand cela ne complique pas davantage la situation), Allan trouve quelques acolytes aussi hauts en couleurs que lui.

Au gré des rencontres et des pérégrinations à bord de véhicules peu ordinaires, les cent ans de vie de ce papy hors du commun sont contés. Les chapitres contemporains alternent avec ceux qui font office de mémoires. Le lecteur découvre ainsi que le centenaire a eu une vie bien remplie. Sa passion pour les explosifs, et surtout une simplicité qui confine parfois à la naïveté, lui ont permis de côtoyer les grands de ce monde, de prendre part (souvent malgré lui) aux moments clés de l’histoire du XXe siècle. Beaucoup d’invraisemblances, des hasards tirés par les cheveux, des dialogues improbables, tout dans ce récit est à ce point farfelu que, finalement, cela fonctionne à merveille. Le personnage d’Allan est de ces héros dont on se demande s’ils sont absolument stupides mais chanceux, ou extrêmement intelligents (à l’image de l’OSS 117 incarné par Jean Dujardin au cinéma). Et le lecteur ne peut que sourire quasi continuellement, voire éclater de rire devant quelques pages.

En refermant ce roman, qui se lit avec autant de plaisir que de facilité, je n’ai eu qu’un seul regret : ne pas m’y être plongée plus tôt. Plus jamais je ne pourrai enseigner à mes chers élèves certains événements sans avoir à l’esprit la version proposée par Jonas Jonasson. Merci pour ce prêt, Gwenn !

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson, 2009.

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