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couvvagabondfleursLors de ma visite de l’exposition Le thé, Histoires d’une boisson millénaire, au musée Guimet, j’étais repartie avec un roman (Opium) et ce récit de voyage de Robert Fortune.

Âgé de trente ans, ce botaniste entreprend un périple en Chine. Il entend profiter des nouvelles possibilités de déplacement données par le traité de Nankin (1842) aux Britanniques vainqueurs de la première guerre de l’opium. Les Chinois restent néanmoins très méfiants vis à vis des étrangers et s’efforcent de leur limiter l’accès aux régions intérieures de l’empire. Ces contraintes, qui viennent s’ajouter à celles que réserve la nature (tempêtes, typhons, climat humide et chaud qui ne réussit guère aux Européens…), ne peuvent décourager Robert Fortune dans sa quête de plantes nouvelles ou méconnues en Europe.

Pendant plus de deux ans (juillet 1843-décembre 1845), il vogue sur les mers et les fleuves chinois, arpente les campagnes et visite jardins et pépinières. De Hong Kong à Shanghai, en passant par Ningbo et Manille, il use de mille ruses pour s’approcher au plus près des secrets botaniques des Chinois. Accompagné d’un serviteur du cru un peu timoré, il n’hésite pas à braver les interdits, à se travestir en Chinois, à lutter contre des pirates (un épisode assez amusant où le succès repose sur un bluff étonnant) ou contre l’appétit des populations locales pour les richesses des étrangers. La fièvre vient plusieurs fois déranger ses plans. En dépit des embûches et des imprévus, Robert Fortune fait preuve d’un flegme étonnant. Il apprend le chinois, et parvient souvent à ses fins.

portrait r. fortune

Robert Fortune

Au-delà des découvertes botaniques, ses allées et venues lui permettent de mieux comprendre la civilisation chinoise, de percer les mystères de la culture et de la préparation du thé, comme ceux de la soie. Il compare les atouts des villes qu’il visite, s’intéresse aux moeurs locales, à la religion, aux relations qu’entretiennent les Chinois et les étrangers. C’est donc un récit de voyage d’une grande richesse que livre là l’auteur. Le style est un tantinet compassé, et en cela représentatif de son époque. Le point de vue est souvent européano-centré, un peu moralisateur quand il est question de religion, mais toujours bienveillant car la curiosité est le sentiment qui guide Robert Fortune dans son voyage comme dans son récit.

J’ai pris un grand plaisir à parcourir ainsi la Chine du XIXe siècle aux côtés de l’auteur. Et, afin de poursuivre le voyage, j’ai d’ores et déjà repéré à la médiathèque un second volume intitulé La route du thé et des fleurs.

Le vagabond des fleurs (Trois années dans la Chine du thé, de l’opium et des fleurs), Robert Fortune, 1847.

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