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couvmelodieL’an dernier, j’ai découvert la plume d’Akira Mizubayashi. Avec Une langue venue d’ailleurs, l’auteur partageait ses réflexions, son expérience de locuteur entre deux langues, son japonais maternel et le français, qu’il qualifie de paternel. Il y était fugitivement question de sa chienne, capable de répondre aux sollicitations des deux langues.

Cette fois, l’ouvrage porte le nom de sa chienne, Mélodie. Et le sous-titre est sans ambigüité, « Chronique d’une passion ». Akira Mizubayashi raconte comment Mélodie s’est installée dans sa vie, quelles émotions, quelles rencontres elle a suscitées, mais aussi comment elle a fini par mourir. Loin de se cantonner à ses souvenirs, il s’appuie sur eux pour développer une réflexion, souvent soutenue par des références philosophiques, sur la relation entre les êtres humains et les animaux, sur la place des animaux dans la société humaine, mais aussi sur la disparition des êtres qui nous sont chers. Le propos se nourrit d’anecdotes personnelles, mais les dépasse et vient asticoter le lecteur, le pousse à regarder d’un oeil neuf les animaux de compagnie.

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Le Chien, Goya.

La plume d’Akira Mizubayashi est toujours aussi délicate. Chaque mot semble choisi avec méticulosité. Les quelque deux cent cinquante pages se lisent avec un plaisir déconcertant, même lorsque, comme c’est mon cas, on n’a jamais eu de compagnon à quatre pattes.

Mélodie, Akira Mizubayashi, 2013.

   « Parmi toutes les images de chiens visitées, il en est une qui m’empoigne littéralement pour ne plus me relâcher : c’est le tableau de Goya, Le Chien, qui fait partie des célèbres « Peintures noires » de la Quinta del Sordo. »

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