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couvlecturesdesotagesHuit touristes japonais sont pris en otages dans un pays exotique (sans doute en Amérique du Sud, mais le nom n’est jamais cité). L’événement fait la une des journaux, puis les malheureux prisonniers tombent dans l’oubli. Quand les médias les mettent à nouveau à l’honneur, deux ans plus tard, c’est pour annoncer qu’ils ont péri lors d’une tentative armée de libération. On découvre alors comment ces huit personnes (quatre hommes et quatre femmes) ont occupé une grande partie de leur temps : chacun d’entre eux a écrit, puis lu devant ses compagnons, le récit d’un événement qui l’a marqué.

Ce sont ces huit textes qui composent le coeur de l’ouvrage. D’une vingtaine de pages chacun, relatant une tranche de vie, un moment particulier de l’enfance ou de leur vie d’adulte, une expérience heureuse ou intrigante, ces récits abordent des thèmes assez variés, mais qui renvoient néanmoins aux sujets de prédilection de Yôko Ogawa. L’importance des liens entre les générations apparaît dans « Le jeune homme lanceur de javelot », « La grand-mère morte » et « Le loir hibernant ». Dans ce dernier texte, comme dans « Les biscuits Yamako », les objets sont au centre du propos, à la fois porteurs de souvenirs et facilitateurs des relations humaines. La vieillesse est aussi à l’honneur. C’est la curiosité des personnages pour une personne ou un objet inattendu qui les fait entrer dans un moment très particulier de leur vie. Tous sortent de leur routine quotidienne, parfois en enfreignant des règles, pour vivre l’expérience qu’ils racontent. L’étrange se fraie un chemin dans plusieurs récits, comme c’est régulièrement le cas dans les oeuvres de l’auteur.

Une fois encore, Yôko Ogawa a réussi à m’enchanter. Non seulement ces récits sont écrits avec beaucoup de finesse et d’élégance, mais elle parvient à lier des textes qui, de prime abord, n’ont rien en commun. Il émane de ces récits une certaine mélancolie, qui vient se mêler à une forme d’optimisme. En refermant Les lectures des otages, le lecteur est comme invité à se montrer plus attentif aux détails, afin de ne pas manquer les jolies opportunités qu’offre, de temps à autre, la vie.

Les lectures des otages, Yôko Ogawa, 2011.

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