Étiquettes

,

portrait le notreC’est aujourd’hui le 400e anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre, qui sut donner ses lettres de noblesse au jardin à la française. Le domaine du Château de Versailles lui rend d’ailleurs hommage tout au long de l’année 2013 (ici), de même que le Château de Vaux-le-Vicomte ().

Et pour, en quelque sorte, ajouter ma petite pierre à l’édifice, le billet du jour porte sur l’oeuvre d’un de ses successeurs, Alain Baraton.

couvjardinierLe livre s’ouvre sur une description apocalyptique du parc de Versailles, au lendemain de la tempête de 1999. Amené à prendre la parole devant une foule de journalistes venus prendre le pouls du parc malmené par les grands vents, Alain Baraton s’est pris au jeu. En quelque trois cents pages, il s’emploie en particulier à raconter son parcours professionnel à Versailles, où il travaille depuis 1976. Il n’est pas avare en anecdotes multiples, sur ses collègues jardiniers, sur l’évolution des méthodes de travail, sur les relations entre jardiniers et autres personnels du domaine, mais aussi sur les visiteurs, leurs petits travers, leurs requêtes saugrenues et leurs habitudes plus ou moins fâcheuses. Il est très plaisant de découvrir les coulisses de ces lieux superbes (qui s’étendent bien au delà des jardins qui bordent le grand canal, d’ailleurs), de percer certains de leurs mystères.

Loin de se limiter à l’autobiographie, Alain Baraton prend un immense plaisir à raconter l’histoire du parc de Versailles, de ses grands prédécesseurs qui l’ont modelé ou sauvegardé lors des périodes sombres. Les habitudes et les caprices des rois qui s’y sont succédé, les artistes qui les ont honorés, de Molière à Mallarmé.

Le sujet est parfaitement maîtrisé, et le texte déborde de passion. Le style, fort châtié et enlevé, rend la lecture plaisante. Cet ouvrage ne peut que séduire les amoureux de Versailles, et il saura également piquer la curiosité des autres.

Le Jardinier de Versailles, Alain Baraton, 2006.

Publicités