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couvopiumPour découvrir les secrets du thé, Charles Stowe, héritier d’une famille commerçante de Londres, prend la mer. Il est bien décidé à explorer l’Empire du Milieu, unique producteur de thé au monde, et à déguster les légendaires thés blancs et bleus. Entêté comme tout bon aventurier, Charles Stowe sait amadouer les personnes aptes à le guider jusqu’à son objectif, qu’il s’agisse d’un Irlandais amateur de whisky ou d’une femme à l’épaule tatouée d’une fleur de pavot. Seule l’illusion de l’amour, exacerbée par les vapeurs de l’opium, parvient à ébranler sa détermination.

Au sortir de l’exposition sur le thé qui s’est tenue au Musée Guimet, ce petit roman a attiré mon attention. En moins de deux cents pages, Maxence Fermine réussit à brosser un tableau des relations anglo-chinoises au tournant du XIXe siècle, à évoquer la quête des Occidentaux pour élucider les mystères qui entourent la culture comme la préparation des feuilles de thé, et à raconter une histoire d’amour aussi belle que triste. Grande adepte de cette boisson millénaire, j’ai trouvé passionnante la quête obsessionnelle du héros et la peinture de son contexte. Le style délicat de l’auteur nous mène au coeur d’une Chine qui, aujourd’hui encore, demeure secrète et souvent méconnue. Ce court roman se savoure lentement, comme un thé rare et précieux.

Dans les dernières pages du récit, il est fait mention de Robert Fortune, l’homme qui est parvenu à briser les secrets du thé et ainsi à rompre le monopole chinois. Lors de mon passage au Musée Guimet, un autre ouvrage est venu grossir ma PAL : Le vagabond des fleurs, de ce même Robert Fortune. Un achat fort avisé, puisqu’en achevant Opium on ne peut qu’être tenté de s’aventurer dans le récit du voyage qui a révélé aux Occidentaux l’art de produire le thé.

Opium, Maxence Fermine, 2002.

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