couvcatherinedeneuveAprès avoir partagé ses Mots de tête, Dominique Resch reprend la plume pour plonger à nouveau son lecteur dans l’univers décalé du lycée professionnel. Il livre ici des tranches de sa vie d’enseignant, où se mêlent ses interrogations sur un métier si souvent décrié et des certitudes nées d’années d’expérience. Si le ton est souvent léger, il n’est pas question de se moquer. L’auteur souligne avec humour les nombreux décalages – linguistiques, culturels…. – entre le professeur et ses élèves.

Face à des classes constituées uniquement de garçon, l’aplomb est indispensable, tout autant qu’un certain flegme et un excellent sens de la répartie. La démonstration faite par l’auteur quant à la nécessaire démonstration de lancer de boulettes dans la poubelle est anthologique. Et tellement vraie…. L’art de désarçonner les élèves aux moments les plus critiques est, preuve en est faite à plusieurs occasions dans ces pages, un moyen plus qu’efficace d’obtenir leur attention, voire leur respect.

Loin d’être parfaitement concentrés sur le cours qui leur est dispensé, les élèves apportent en classe des relents de récréation, des querelles non solutionnées, des inquiétudes et des interrogations diverses. Autant d’éléments extérieurs que le professeur se doit de régler, gérer ou renvoyer à plus tard. La théorie de Darwin s’invite ainsi dans la classe de l’auteur, donnant lieu à un échange échevelé d’arguments. Et la situation n’est pas moins cocasse quand les élèves s’intéressent au contenu de la leçon : leurs avis à l’emporte-pièce (sur la littérature et ses auteurs, notamment) ne manquent pas de faire sourire, même lorsqu’ils sont justifiés.

Viennent également les anecdotes qui ont lieu hors de la classe. Les élèves, hors de la salle où on a l’habitude de les côtoyer, ne sont plus tout à fait les mêmes. Ils se font plus agressifs quand ils pensent ne pas être vus ou identifiés. Ils s’étonnent de mille détails quand on les éloigne de leur quartier. Ils sont plus détendus et en confiance quand approche la fin de l’année, en particulier au bord d’un stade.

Les quelque deux cents pages de cet ouvrage se lisent avec autant de facilité que de plaisir. Quand on a le plaisir de partager la profession de l’auteur, certains chapitres ne peuvent manquer d’éveiller des souvenirs – plus ou moins douloureux. En arrivant aux dernières pages de cette lecture, je me suis surprise à me rappeler que j’aime ce métier, où chaque jour réserve son lot de surprises.

C’est qui Catherine Deneuve ?, Dominique Resch, 2012.

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