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couvchemindefumeeLa guerre s’achève et les portes des camps de concentration s’ouvrent. Malgré son jeune âge, Shaïné n’est plus tout à fait une enfant. Elle a vu et vécu des atrocités, a perdu ceux qui lui étaient chers et elle s’apprête à donner la vie. Pour l’aider à trouver sa place dans un monde en reconstruction, elle est accueillie, avec d’autres enfants rescapés des horreurs de la Shoah, dans un havre qui leur est réservé. Faire son deuil, devenir mère, aider les autres à accepter le présent, tels sont les humbles desseins.

Ce court roman (une centaine de pages) pour les jeunes lecteurs dit, avec une grande retenue, les monstruosités commises pendant la Seconde Guerre mondiale, et aborde la question de l’avenir des enfants qui ont survécu. La candeur et la fraîcheur du personnage principal, Shaïné, permettent d’évoquer clairement des faits indicibles sans apeurer les adolescents. Les cauchemars, la solitude, le chagrin et parfois la culpabilité de ces enfants contraints de grandir avec la pesanteur des souvenirs sont énoncés avec une poésie qui leur confère un peu de légèreté. Les espoirs et la solidarité, l’amour et les projets tiennent aussi une place importante dans ce récit, qui fait la part belle à l’optimisme. Chaque page suscite un sentiment différent. On fronce les sourcils d’horreur à certains passages, puis on se prend à sourire en découvrant les réactions de l’héroïne. Difficile de rester insensible en parcourant ce chemin de fumée.

L’auteur livre ici un roman pour la jeunesse, mais l’originalité de son style comme son propos ne peuvent manquer de séduire aussi les lecteurs adultes.

Merci à Gwenn de m’avoir mis cette délicieuse pépite entre les mains, et à Sandrine, sa « découvreuse ».

Le chemin de fumée, Rachel Hausfater-Douïeb, 1998.

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