Depuis plusieurs générations, la famille Darcy veille sur le domaine de Pemberley. A l’aube d’un XIXe siècle agité par les frasques napoléoniennes, la demeure familiale se prépare à accueillir les hôtes du traditionnel bal d’automne. Malgré la tempête qui fait rage au dehors, la jeune maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy, règle les derniers détails et profite d’une soirée en famille. La douceur du moment et les heureuses perspectives de la fête volent en éclat à l’arrivée dramatique de la sœur cadette d’Elizabeth, Lydia. La jeune femme est bouleversée : son mari et un de ses camarades de régiment ont disparu dans les bois, où se sont fait entendre des coups de feu. Un homme est mort sur les terres de Pemberley et un proche de la famille Darcy est soupçonné d’être l’auteur du crime. Cet événement inattendu ravive tensions familiales et souvenirs douloureux.

Se glisser dans les pas de Jane Austen est un défi de taille, que P.D. James relève avec un talent certain. En quelques pages, les personnages principaux d’Orgueil et Préjugés, ainsi que les liens les unissant, sont présentés avec une clarté et une simplicité qui mettent à l’aise les lecteurs méconnaissant l’œuvre de Jane Austen. L’auteur prend le temps nécessaire pour installer son lecteur dans une atmosphère aux accents nettement austiniens. Dans ce petit monde où sont à l’honneur les relations humaines et les pesanteurs sociales vient s’insérer l’intrigue à suspense. Le mélange des genres se fait plutôt aisément, grâce à l’habileté d’une P. D. James grande admiratrice de Jane Austen. Le roman promettait d’être un petit bijou. Pourtant son rythme, comme déséquilibré, m’a un peu gênée. La majeure partie de l’intrigue ménage le suspense, au point que les péripéties se font rares. On s’inquiète davantage des conséquences de l’enquête sur les équilibres internes des familles Darcy, Bennet et consorts que sur l’avancée des investigations. Très (trop ?) peu d’éléments alimentant la résolution du mystère criminel sont apportés. Et, brusquement, dans le dernier quart du roman, plusieurs révélations et rebondissements viennent régler la situation en deux temps trois mouvements. C’est un peu comme si le début du roman se concentrait sur l’hommage à Jane Austen et que, dans les dernières pages, on se rappelait qu’une enquête criminelle devait être éclaircie. On aurait aimé que les deux aspects de l’intrigue s’entremêlent davantage, mais La mort s’invite à Pemberley reste une lecture agréable, à même de satisfaire les amateurs de littérature austinienne et les lecteurs fidèles de P.D. James.

La mort s’invite à Pemberley, P.D. James, 2011.

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